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dimanche 25 mai 2025

« Après-midi pétanque »

 

 

ANNULÉ


L’Amicale a le plaisir de vous proposer une

« Après-midi pétanque » 

le samedi 5 juillet 2025

à Steinfort, rue Collard ( voir plan )

 

A partir de midi, nous vous proposons de déjeuner ensemble.

Un grill sera fourni.

Chacun apporte ses couverts, boissons et ses spécialités culinaires, ainsi que ses boules de pétanque !

Quelques paires de boules pourront être prêtées

Merci de nous confirmer votre participation et le nombre de personnes par courriel à luxembourgaveyron@gmail.com

Amicales salutations,

Pour le Comité,

Alain Maury

lundi 15 mai 2023

Journée Apiculture au Gaart an Heem de Gasperich ( 14 mai 2023)

Bonjour,

Très intéressante journée apiculture organisée par Denis.
La matinée a été consacrée à la présentation de la vie d'une ruche et du travail d'apiculteur.
Après le déjeuner, le mauvais temps ne nous a pas permis d'aller voir un rucher, mais une ruche solitaire s'est sagement prêtée à nos observations, questions et explications de la par de Denis.























dimanche 8 décembre 2019

8ième congrès des associations issues et héritières de l'immigration, organisé par le CLAE, les 7 et 8 décembre 2019

Le 8ième congrès des associations issues et héritières de l'immigration, organisé par le CLAE, vient d'être clôturé avec la remise des travaux des 3 commissions, Culture, Immigration et inscription citoyenne, et l'Accueil citoyen.

60 associations et 140 délégués ont travaillé à élaborer ces rapports, avec en ouverture samedi les prises de parole des représentants du Ministère de la Famille, de la Ville de Luxembourg, des syndicats OGBL et LCGB, des partis politiques (CSV, DP, LSAP, Déi Gréng, Déi Lénk et ADR) et de la présence de l'ambassadeur du Cap-Vert.

La résolution du Congrès a été amendée et votée par les délégués.
Ces rapports seront diffusés dans les prochains jours.

Puissent ces travaux servir d'exemple à d'autres pays afin de mieux créer un projet commun et faire société ensemble.






vendredi 14 juillet 2017

Bal du 14 juillet 2017

A l'occasion de la fête nationale française, l'amicale avait organisé un stand Aligot-Saucisse qui fut très apprécié, car tout a été vendu, preuve de son succès.


Plus de photos ici

lundi 1 mai 2017

Stand "Aligot - Saucisses " à la fête du 1er mai 2017




Sur le parvis de l’abbaye de Neimënster, belle fête du 1er mai organisée par l'OGBL et l'ASTI, et à laquelle l'amicale a participé avec la tenue d'un stand 

« ALIGOT-SAUCISSE »



dimanche 1 mai 2016

Stand "Aligot - Saucisses " à la fête du 1er mai 2016


Parvis de l’abbaye de Neimënster
Belle fête du 1er mai organisée par l'OGBL et l'ASTI, et à laquelle l'amicale a participé avec la tenue d'un stand
« ALIGOT-SAUCISSE »



samedi 14 mars 2015

Stand au Festival des migrations, de la Culture et de la Citoyenneté des 14 et 15 mars 2015


De très belles rencontres au stand de l'amicale à l'occasion de ce 32e Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, qui a attiré quelques 30.000 visiteurs et accueilli près de 400 stands associatifs.



vendredi 14 mars 2014

Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté 2014


Pour sa 11ième année consécutive, l’amicale Luxembourg-Aveyron avait aménagé son traditionnel stand à l’occasion du 31ième festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté, à Luxembourg, les 14 et 15 mars 2014.
Ce festival, dédié aux très nombreuses associations d’étrangers vivant à Luxembourg, fut encore une fois l’occasion pour l’Amicale de présenter sa région, mais aussi les diverses manifestations que l’association organise.

Malgré le peu de moyen pour mettre encore plus en valeur notre département, ce stand attira de nombreux visiteurs enclins à découvrir les richesses de l’Aveyron. 

Notons la visite de l’ex-ministre luxembourgeoise de l’agriculture, Madame Marie-José Jacobs, qui connut bien Jean Puech, ministre de l’agriculture à la même époque, et Jean-Pierre Dichter qui connut également très bien pour des raisons professionnelles André Valadier, fondateur de Jeune Montagne. Monsieur Richard Yung, sénateur représentant les Français à l’étranger, salua la présence française et surtout régionale pendant cette manifestation unique en Europe, rassemblant quelques 400 stands et attirant quelques 30.000 visiteurs.


L’actualité portant sur l’ouverture prochaine du musée Pierre Soulages avait aussi franchie la frontière et interrogée les visiteurs qui pourront bientôt profiter de leur séjour à Rodez pour s’y rendre. Gageons que pour la prochaine édition de ce festival, notre stand puisse mettre en valeur cet artiste, son œuvre et ce musée d’exception.


Visite de Madame Marie-Josée Jacobs, présidente de Caritas et ancienne ministre de la Famille et de l'Intégration au stand de l'Amicale.




samedi 16 mars 2013

Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté les 16 et 17 mars 2013 à Luxembourg.

Le 30e  Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, accompagné du 13e Salon du livre et des cultures et du 1er Salon des cultures et des arts contemporains, s’est déroulé le week-end du 15-16-17 mars 2013 à Luxembourg.

Environ 30 000 personnes se sont promenées dans les allées métissées de cette manifestation née en 1981. Si à l’époque, cinq ou six stands se côtoyaient, ils étaient près de 400 pour cette trentième édition du Festival, démontrant s’il le fallait encore la richesse et la diversité des cultures présentes au Luxembourg.Le stand de l’Amicale a accueilli de nombreux visiteurs, curieux ou déjà connaisseurs de notre département. Des brochures et documents sur notre région, ainsi que les conseils de tous les membres du Bureau, les ont aidés à affiner leur envie de visiter l’Aveyron. De produits régionaux étaient aussi mis en vente, afin d’ajouter ainsi l’utile à l’agréable.Mais tout  ceci n’aurait pas été complet sans la présence de la « Cabreta », notre cornemuse à soufflet, joué par notre amie Véronique, venue spécialement de Paris pour animer le stand avec cette musique qui nous tient tant à cœur de faire découvrir.

samedi 17 mars 2012

29ième Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté, 17 et 18 mars 2012, Luxembourg

Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté, 17 et 18 mars 2012

Record battu pour ce 29ième Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté qui se déroulait les 16, 17 et 18 mars 2012 et qui rassemblait plus de 300 stands d’associations venues représenter les 4 coins du monde, reflet de la dynamique issue de l’immigration. Cette grande fête accorde ainsi au pluriel la bonne humeur, l’ouverture d’esprit, l’idée multicolore et bigarrée des cultures, des sonorisés variées de langues et d’accents, des échanges de lieux et horizons nouveaux, des mémoires retrouvées ou quête de soi à travers le regard des autres.
Venue spécialement de Paris, Véronique a animé le stand de l’Amicale avec sa « Cabreta », la cornemuse rouergate, et a attiré toutes les curiosités dues à cet bel instrument, né vraisemblablement en Egypte, et qui a franchi lui aussi toutes les frontières, de l’Europe entière, au Caucase, Maghreb, golfe Persique, et jusqu'à l'Inde du Nord.
Ce beau symbole d’union culturelle et de tissage possible entre tous les peuples met en scène les expressions communes de nos lendemains. Cette mémoire de migration doit se dire, comme toutes les autres, pour éviter que ce passé, cette histoire ne tombe pas dans l’oubli, ne s'échappe sous nos pas de citoyen, et ne se perdent pour nourrir les conflits, les crises existentielles individuelles et collectives, et ne renforcent les tensions sociales et économiques.
L’affluence fut donc grande au stand Aveyronnais où une dégustation de saucisse ou de vin de Marcillac avec le « Soleil » accompagnait les conversations des nombreux visiteurs en quête d’authenticité, de lieux de séjour et de vacances variés, de grand espace et de sérénité, mais également de culture notamment par l’intérêt porté à la langue occitane, soit par un écossais, soit par une ancienne provençale, intrigués par le titre de la brochure « Qu’es aquò » éditée par l’Institut d’Etudes Occitane. Il n’y avait plus qu’à dire « a lèu » à tous ces visiteurs, sur les routes aveyronnaises.

samedi 19 mars 2011

28ième Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté organisé par le CLAE les 19 et 20 mars 2011


Les 19 et 20 mars 2011 avait lieu le 28ième festival des migrations, de la culture et de la citoyenneté  et notre association avait comme chaque année organisé un stand bien pourvu en produits régionaux et brochures touristiques, et très bien décoré par de très belles affiches aimablement  données par le Comité Départemental du Tourisme Aveyronnais.
Ce festival était placé cette année sous le thème « Faire société ensemble : un idéal citoyen ». Regroupant quelques 300 stands, ce melting pot  associatif unique en Europe et peut-être au monde ne cesse de croître et de rassembler au-delà des frontières pour faire de la citoyenneté, du vivre ensemble et au-delà,  du faire-ensemble, un idéal commun. Bien entouré par un stand Berbère de Longwy, de charmantes brésiliennes servant des caïpirinhas à côté d’un stand Sénégalais, la chaude ambiance attira une foule colorée qui donnait à ces allées un air d’espoir de paix et de liberté dans cette « commune humanité » dans laquelle nous aspirons tant. Sur la scène, plusieurs groupes de danse, de musique, des défilés de mode, et au salon du livre de nombreuses rencontres avec des écrivains, des forums sur les thèmes divers comme celui du bénévolat comme facteur d’intégration, du droit de vote et des inscriptions sur les listes électorales pour les étrangers, de la politique luxembourgeoise vis-à-vis des Roms, sur le monde arabe en révolution, et également la fabrique des écritures où nous avons participée avec une lecture d’une fable en occitan « la granhota dins lo bugadièr », texte que vous pourrez trouver sur le site de l’Institut d’Etudes Occitanes aveyronnais  www.ieo12.org, ainsi que  les prochaines manifestations qu’ils organisent.
Nous souhaitons longue vie à ce festival, en espérant qu’il fasse des petits, et pourquoi pas dans l’Aveyron.


samedi 8 mai 2010

Journée de l'Europe, Parvis de la Cour de Justice Européenne, 8 mai 2010,



L’année 2010 marque les 60 ans de la déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman, acte fondateur de la  Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (la CECA) et qui est à l'origine de l'actuelle Union Européenne. A l’occasion de cette semaine de l’Europe tout un programme d’activités et de nombreuses manifestations avaient été prévues à Luxembourg. 
C’est sur le parvis de l’impressionnante Cours de Justice Européenne que les stands des états membres étaient présents le samedi 8. L’ambassade de France avait invité notre amicale aveyronnaise à le partager, amenant ainsi un peu plus de convivialité agrémentée de belles affiches, de vin de Marcillac, de charcuteries et prospectus touristiques.

Que sera l’Europe dans 60 ans ? Nul ne peut le prédire, mais souhaitons au moins qu’elle devienne de plus en plus celle que les citoyens auront décidé et voulu qu’elle soit, et avec encore plus de soutien et de conviction.


samedi 20 mars 2010

27e Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, 20 et 21 mars 2010


Le stand de l’Amicale avait opté cette année pour la vente de charcuteries, quelques farçous faits maison et du vin de Marcillac, tout en continuant bien entendu à faire la promotion touristique de l’Aveyron. De nombreux visiteurs purent ainsi acheter et déguster ces produits. Parmi ceux-ci notons en particulier la très sympathique venue de M Vanpouille, directeur du lycée Louis Querbes de Rodez et également Président de Radio Temps Rodez venu spécialement pour participer à une table ronde organisée dans l’enceinte du Festival. Il en profita également pour faire une interview des membres du Bureau présents au stand. Une autre visite fort surprenante fut celle du premier éleveur de race Aubrac à Luxembourg, qui en compte maintenant une dizaine, et également celle très amicale aussi de M. le Consul de France.





samedi 14 mars 2009

26e Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté organisé par le CLAE, 14, 15 mars 2009 LuxExpo Luxembourg


Le mot CONVIVENCIA, une des clefs de voûte de toute la civilisation « d'Amor » inventée au XIIième par les Trobadors d'Occitanie, ne pouvait pas trouver d'autre lieu que celui du Festival pour renaître et prouver que le "vivre ensemble malgré les différences"  est indispensable pour une commune humanité dont nous avons tant besoin.



vendredi 26 septembre 2008

Fête des Frontaliers, 26 septembre 2008, Abbaye de Neumünster



Ce vendredi 26 septembre 2008 a eu lieu sur le parvis de l’abbaye de Neumünster à Luxembourg la première édition de la fête des Frontaliers. 
A cette occasion, l’Amicale Luxembourg-Aveyron avait été mise à contribution pour tenir un stand et c’est bien entendu avec un traditionnel « Aligot-Saucisse » que les nombreux participants purent passer cette soirée animée par de nombreux concerts ainsi que des stands associatifs et d’information. La ville de Luxembourg passe chaque jour de 87.000 habitants à plus de 200.000 ! Quoi de plus naturel alors que d’associer ce qu’on appelle « les frontaliers » à un rassemblement qui a pour but de créer un vrai lien amical et constructif entre les trois pays voisins et le Luxembourg.
Le bourgmestre de Luxembourg regrettait justement que la ville n’avait encore rien fait pour les frontaliers qui sont pourtant d’une importance capitale pour l’économie. Gageons que cette fête inaugure une nouvelle ère où frontaliers, résidents étrangers et Luxembourgeois partagent autres choses que de simples relations de travail.





samedi 15 mars 2008

25ème Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté 14/15/16 mars 2008


A l'occasion du 25ième festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté qui s'est déroulé du 14 au 16 mars 2008, l'Amicale Luxembourg-Aveyron avait répondu présente pour la 8ime année consécutive à ce rendez-vous unique en Europe, et peut-être au monde, où durant trois jours toutes les cultures, toutes les nationalités peuvent se côtoyer, échanger et dialoguer. L'espace des halls de Lux-Expo avait peine à contenir les 163 stands et les nombreux visiteurs qui déambulaient au gré des ambiances diverses des allées.



Ce festival fut le lieu du lancement par le gouvernement de  l'année européenne du dialogue interculturel  et comme le rappelaient les intervenants « Pour bien parler de dialogue entre les cultures il faut d'abord connaître la sienne propre, sans oublier qu'elle est généralement aussi le fruit de l'apport d'autres cultures » et qu'également ce dialogue « présuppose des citoyens égaux ». L'appel de la part de responsables politiques à cette nouvelle citoyenneté européenne est de bon augure pour l'avenir de cette Europe des peuples tant souhaitée.

Le festival a permis comme tous les ans à l'amicale de présenter sa région, son histoire, sa culture aux visiteurs très divers qui se présentaient et dont certains partirent avec des idées de séjour déjà bien avancées. Parmi ceux-ci, trois furent particulièrement remarqués telle cette délégation de l'ambassade d'Indonésie qui découvrit le lieu de naissance du Roquefort avec beaucoup de curiosité, ainsi que deux jeunes étudiantes japonaises qui furent en admiration devant la richesse du patrimoine architectural, notamment de l'art roman et qu’elle s'engagèrent d'aller admirer sur place, et enfin ce professeur de Luxembourgeois, passionné de linguistique et de nature, heureux de voir tout l'intérêt que portait notre département à la protection de son patrimoine matériel et immatériel, tel l'excellent travail de M Bedel et la synthèse d'Al Canton qui lui a été présentée et dont il regrettait que Luxembourg n’en ait pas d’équivalente.

Personne ne repart pas tout fait le même après de telles rencontres, signe évident qu'un vrai dialogue s'était établi.

samedi 17 mars 2007

24ème Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté 16/17/19 mars 2007


L’un des paradoxes de la mondialisation est une fermeture sur soi, voire un nationalisme ou un régionalisme archaïque qui n’ont plus lieu d’être à notre époque. À l’heure où le débat sur la nationalité fait rage, à l’heure où se discute la future loi sur l’immigration, le 24e Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, à l’instar de ces vingt-trois dernières années, a la volonté de montrer les visages du Luxembourg. Parce que oui, le Luxembourg est italien, portugais, cap-verdien, albanais, camerounais, indien et autres. 

Parce que oui, ces Italiens, Portugais, Capverdiens, Albanais, Camerounais, Indiens,… qui façonnent notre pays depuis des années ou qui sont nés sur ses terres, sont Luxembourgeois de cœur, si non de papiers. Nous œuvrons depuis longtemps pour un pays où la citoyenneté ne soit plus illusoire, pour un pays où la citoyenneté ait à juste titre un visage humain. À l’heure de la fermeture, à l’heure où l’on veut augmenter le délai de résidence pour l’obtention de la nationalité du pays, à l’heure où les décideurs politiques sont oublieux du droit du sol mais où la langue luxembourgeoise peut devenir le facteur sine qua non d’intégration, nous vous invitons à venir parcourir les allées métissées du festival. À écouter les voix chantantes du Sud, à admirer les danses traditionnelles de l’Est, à goûter les spécialités du Nord ou encore à découvrir les légendes de l’Ouest. 



Nous vous invitons simplement à arpenter ce village du monde aux cultures mêlées et multiples, qui vous représente. Qui nous représente. La pléiade de stands associatifs, de spécialités culinaires, de folklore, de littératures qui font le festival depuis sa création n’est pas un simple cumul d’identités qui se retrouve le temps d’un week-end. Elle est la preuve de notre diversité, la preuve de notre richesse. Car comme le disait si bien Antoine de Saint-Exupéry, "Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente". CLAE

samedi 18 mars 2006

23ème Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté 17/18/19 mars 2006


« Le Luxembourg est une des îles principales de l’archipel de notre vie »

Dans le cadre du salon du livre, notre association a participée également
à une lecture bilingue occitan français intitulée "Des Balssàs de Boudou à Honoré de Balzac"



Des Balssàs de Boudou au Balzac d’Honoré
L’histoire singulière que nous vous proposons de raconter à partir de deux grands écrivains, Jean Boudou et Honoré de Balzac, que tout semble séparer, la langue, la culture, mais qui ont un dénominateur commun, leur origine familiale par la mère de Boudou qui est née Balssa, tient son origine dans ce que nous appellerions aujourd’hui l’exil ou l’exode, tragédie quotidienne des peuples bannis de leur terre, et qui parle aussi peut-être de celle de l’humanité qu’ils ont voulu, chacun à leur manière, faire apparaître dans leurs œuvres.
Remonter aux sources, décrire jusqu’au moindre détails les liens de parenté, les lieux et patronymes, tels sont entre autres les grands thèmes de leur recherche littéraire.
Chez Boudou, les contes dels Balssàs, cette saga familiale, commencent par la guerre qui massacre et détruit tout et fait s’enfuir les ancêtres de ces deux auteurs, ainsi que toute une cohorte de pauvres gens, sur le chemin terrible de l’exode, vers un autre pays, inconnu, sauvage et dépeuplé, la vallée du Viaur dans l’Aveyron.
Là-bas cette souche familiale sera mythifiée par Boudou comme l’origine de l’humanité partant d’un paradis, de l’Eden, pour se retrouver sur une terre où les fratricides, les conflits religieux, la peste, les crimes, les reniements seront leur sort, leur enfer. Cette vallée symbolisera ainsi pour lui ce lieu de la condition humaine tragique où le mot « Amor » n’existe pas, et qui reste toujours le lot actuel de ce qu’appelle Boudou « Les damnés de la terre ». Car Boudou a choisi son camp, celui des misérables, et également sa langue, l’occitan, un outil à son service dira-t-il, une langue qu’il croit être condamnée comme lui et qui va inéluctablement vers sa mort, écrasée entre son passé splendide et les luttes vaines contre les oppressions, sans futur et que les siens renient. Il s’en servira pour se tenir droit, en vie, pour éviter de se tuer ou de sombrer dans la folie, et chercher sa liberté, sa Talvera, sa Lisière, sur les marges de la société, ses frontières, ses limites.
Mais n’en est-il pas aussi ainsi de son ancêtre, l’Onorat, Honoré de Balzac, qui semble ne rien savoir de son passé familial, dont son père avait francisé le nom de Balssà en Balzac pour cacher son origine et ses secrets, mais pour lequel peut-être « la civilisation et ses Lumières ne semblent être que la fragile pellicule sous laquelle gronde et perce la lave sauvage et sublime de la nature humaine sortie de ses gonds et revenue à son état de violence primitive », comme disait Rousseau.
Voici donc l’histoire de cette malédiction ou comédie humaine des Balssàs, en commençant par :
L'implantation des Balssa dans la vallée du Viaur
La vallée du Viaur a vécu durant un siècle, de 1348 à 1450 environ, toute une série d'épreuves : épidémie de peste noire, guerre entre les bandes armées au service du roi de France et celles agissant pour le compte du roi d'Angleterre après le traité de Brétigny, dévastations commises par les Grandes Compagnies. Toutes ces épreuves ont entraîné la disparition d'une grande partie de la population, ce qui nécessita un repeuplement partiel de la vallée à partir d'immigrants venus d'autres régions. Une étude des patronymes de ces immigrants montre qu'un grand nombre provenait du nord du Rouergue, de l'Auvergne et du Gévaudan voisin.
Ecoutons le récit que fait Jean Boudou de cette exode vers ces terres nouvelles :
/…/ Lo vilatge cremava (Le village brûlait). De soldats cridavan per las carrièras en brandissant d’espalhons alucats (Des soldats criaient dans les rues en brandissant des torches de pailles allumées). Devián èsser los enemics ! qual sap ?...(Ce devait être les ennemis ! Qui sait ?…) En temps de guèrra tot se mescla e los soldats son totes de soldats (En temps de guerre tout se mêle et les soldats sont tous des soldats).
Balssà lo vièlh prompe jongeguèt las doas vacas guinetas, las atelèt al carrí nòu. La Balssana pausèt sul carri un paquet de pelhas, un tròc de pòrc salat, qualques topinas de grais. Sonèt Balssanon, lo seu dròlle, e barringa–barranga, tota la familha partiguèt dins la nuèch, sus la nèu(Le vieux Balssa lia rapidement les deux vaches rousses, les attela au nouveau chariot. Sa femme posa sur le chariot un paquet d’oripeaux, un morceau de porc salé, quelques toupines de graisse. Elle appela le petit Balssa, son garçon, et cahin-caha, toute la famille parti dans la nuit, sous la neige)/…/
A l’origine du nom Balssa
Le nom de famille Balsa ou Balssa qui est le vrai nom d'Honoré dérive de l'adjectif occitan " balsan " issu du latin " balteanus " qualifiant un cheval ayant des taches blanches sur ses jambes. Appliqué à un être humain, c'est devenu un sobriquet désignant un individu tacheté. La forme française équivalente était " beaucent ". Elle a inspiré à Honoré de Balzac le nom de Beauséant, une des grandes familles de La Comédie humaine. En dehors de la branche des Balssa du Pont-de-Cirou établie à Rodez vers 1610 et qui prit le nom de Balsac, d'autres Balssa de branches restées à la terre sont également appelés parfois Balsac ou Balzac. Bernard-François Balssa, devenu à Paris de son propre chef Balsac puis Balzac entre 1773 et 1783, n'était donc pas le premier Balssa à procéder à ce changement de nom même s'il est vrai que ce changement d'identité accompagnait généralement une promotion sociale et correspondait aussi à une francisation d'un nom de famille aux consonances trop occitanes. Le faible nombre de familles existant avant 1500 permet de leur attribuer une origine unique, l'ancêtre commun s'étant sans doute établi dans la première moitié du XVe siècle. Celui-ci eut en lignée masculine une très nombreuse postérité puisqu'à la veille de la Révolution le nombre de familles Balssa, Balsa, Balza, Balsac ou Balzac dans la vallée du Viaur dépassait largement la cinquantaine. Ces familles appartenaient à tous les milieux sociaux, du Balssa brassier illettré se louant à la journée pour subsister jusqu'aux Balzac de Firmy possesseurs de plusieurs châteaux en Rouergue.
/…/D’aquel temps, de Balssàs n’i aviá pertot, de cada part de Viaur (En ce temps là, des Balssas il y en avait partout, de chaque côté du Viaur). De Monestièr a Sant Andrieu, dempuèi la Salvetat en Roergues entrò al Segur-Suèch dins Albigès Aital ne mancava pas de parentalhas pels maridatges o per las messas dels mòrts (Ainsi il ne manquait pas de cousinages pour les mariages ou les messes des morts). « Cada Balssana un mainatge per an » coma se disiá (Chaque femme Balssa un enfant par an, comme on disait). Aquò ne fasiá de Balssanons que se butavan un l’autre per créisser pus lèu (Cela en faisait beaucoup de petits Balssas qui se mettaient ensemble pour croître plus vite). Puèi eissamavan, quand los ostals èran tròp plens (puis ils s’essaimaient quand les maisons  étaient trop pleines)./…/
Bernard-François Balssa, le père d’Honoré
C'est le 22 juillet 1746 que naquit Bernard-François Balssa. Celui-ci avait dans son ascendance de nombreuses familles établies depuis un temps immémorial dans la vallée du Viaur. La langue usuelle chez les Balssa comme dans toute la communauté de Montirat et les communautés voisines était au XVIIIe siècle l'occitan et non le français. Le curé prêchait en " patois " le dimanche à l'église; aussi bien le juge de Lagarde-Viaur que les notaires utilisaient cette langue dans leur fonction, même si leurs actes étaient ensuite rédigés en français. Honoré de Balzac ne viendra jamais visiter la terre de ses ancêtres. Cependant des événements relatifs à la vie de son père en Languedoc ou le nom de certaines de ses relations méridionales seront utilisés comme matériaux dans son oeuvre, mais toujours soigneusement dissimulés. Une méthode de camouflage utilisée par l'écrivain sera la transformation de noms albigeois ou rouergats en noms auvergnats. C'est ainsi que Candour, nom d'une famille de juges de Lagarde-Viaur est devenu Chandour; Campagnac, nom des cousins de Flauzins a été transformé en Champagnac !
/…/ Lo temps passèt a la Nogairiá coma passa pertot, amb de rebaladís e de misèrias.(Le temps passait à la Nougayrié comme il passe partout, avec des tracas et des misères) Venguèt lo jorn que deviá nàisser un pichòt enfant. Una vesina anèt prompte sonar la Cotilhana vièlha.(Vint le jour où devait naître un petit enfant. Une voisine alla appeler vite la vieille Coutille).Se contava qu’èra masca. Aquò n’anèt lèu-fach. Dins d’abòrd s’ausiguèt cridar l’enfantet : èra un masclon. (On disait qu’elle était sorcière. Cela se passa vite et bien fait. On entendit d’abord crier l’enfant : c’était un mâle.)La Cotilhana li dubriguèt la manòta entreserrada (La Coutille lui ouvrit la petite main serrée):« Es marcat del signe, marmonèt la vièlha bruèissa entremièg las dents. Aquel enfantet es marcat per èstre ric, poderós, onorat e aimat. (Il est marqué du signe. Marmona la vieile sorcière entre ses dents. Cet enfant est marqué pour être riche, puissant, honoré et aimé )Ara ieu vos aconselharai quand serà bèl de lo manténer aicí que demòre paure, mespresat, descogenut.(Alors moi je vous conseillerais quand il sera grand de le garder ici pour qu’il reste pauvre, méprisé, inconnu)Es lo primièr ram de la soca. Se daissatz tròp butar lo primièr ram, se lo magensatz pas, chucarà per el tota la bona saba e la soca s’aflaquirà fins a ne secar. Mai el s’enauçarà, d’ont mai vautres rebalaretz(C’est le premier rameau de la souche. Si vous laissez trop pousser le premier rameau, si vous ne le taillez pas, il tétera pour lui seul toute la bonne sève et la souche s’affaiblira jusqu’à en sécher. Plus il s’élèvera, d’autant plus vous vous traînerez)»/…/
L'emprisonnement de Bernard-François à Lagarde-Viaur
Dans les cours de catéchisme que suivit le jeune Bernard-François, l'abbé Charles-Alexis Vialar remarqua la vive et précoce intelligence de l'enfant. Il le fit rentrer comme petit clerc chez le notaire Me Albar qui apprit au jeune garçon à lire et à écrire et qui lui inculqua les rudiments des langues latine et française, aussi étrangères l'une que l'autre à son environnement familial. Mais quelles furent les circonstances qui amenèrent peu après Bernard-François Balssa à quitter définitivement Canezac? Au Vernhet dans la paroisse de Canezac, vivait une famille de charpentiers, les Mouychoux. Les parents, étaient décédés respectivement en 1761 et 1762 laissant plusieurs enfants dont une fille Marianne, née en 1743. Bernard-François Balssa noua des relations amoureuses suivies avec cette Marianne Mouychoux, de trois ans son aînée. Elle devint enceinte et demanda le mariage. Bernard-François refusa obstinément. Suite à une prise de corps demandée contre lui par la jeune fille séduite, il fut alors emprisonné au château de Lagarde-Viaur. Il en fut libéré suite à un accord amiable conclu entre son père et Marianne Mouychoux et c'est alors qu'il quitta Canezac pour une vie nouvelle sans doute dès fin février 1766.
/…/ Bernadon, el, cridava lo confiteor en entièr d’una votz clara e, quand tustava lo mea culpa, òm auriá dich que portava dins lo seu còr totes los pecats del mond.(Le petit Bernard, lui, criait le confiteor en entier d’une voix claire et, quand retentissait le mea culpa, on aurait dit qu’il portait dans son corps tous les péchés du monde.)Monsen lo rector se pensava « A bon cap aquel païsanòt. Li me cal far un bocin d’escòla, puèi lo mandarem al seminari d’Albi : ne farem un rector coma ieu » (Monsieur le curé se disait «Il a une bonne tête ce petit paysan. Il me faut lui faire un peu l’école, puis nous l’enverrons au séminaire d’Albi : nous en ferons un curé comme moi )E Bernadon, dos o tres còps per setmana, anèt a la caminada. Lo rector li ensenhèt a legir, a escriure, a comptar qualque brigat e subretot a  comprene lo latin(Et le petit Bernard, deux ou trois fois par semaine, prit le chemin. Le curé lui enseigna à lire, à écrire, à compter quelques peu et surtout à comprendre le latin)/…/
La carrière de Bernard-François Balzac
On retrouve Bernard-Franois en 1771 à Paris; sa vive intelligence et les services qu'il rend lui permettent de nouer des relations. C'est à la  Chambre du domaine qu'on le trouve employé en 1773. Trois ans plus tard, il entre comme secrétaire au Conseil du roi jusqu'en 1794. Mais la Révolution en 1789 va transformer sa carrière. Bernard-François entre en 1792 dans l'administration des subsistances militaires; trois ans plus tard il est nommé directeur des vivres de la 22ème région militaire à Tours . En 1797, à 51 ans, il épouse la fille d'un de ses anciens collègues de l'administration des vivres : Laure Sallambier, parisienne âgée de 18 ans. Le 20 mai 1798 naît le premier enfant du couple qui mourra à un mois; Honoré, né le 20 mai 1799, sera l'aîné des quatre enfants survivants. Revenu à Paris en 1814 et mis à la retraite en 1819, Bernard-François Balzac mourra à Paris en 1829, l'année où son fils Honoré signera pour la première fois sous son vrai nom le premier roman de La Comédie Humaine : Les Chouans.
/…/ Fugiguèt los nòstres travèrses, Bernadon (Il s’enfuie notre petit Bernard); fugiguèt lo seu ostal(Il fuit sa maison). Abandonèt Albi tanben per anar entrò Paris(Il abandona aussi Albi pour aller à Paris). En amont, sabi pas consí las causas virèron, mas Bernadon foguèt del conselh del rei(Là-haut, je ne sais pas comment les choses allèrent, mais il fut conseiller du roi). Lo païsanòt de la Nogariá reneguèt fins al seu nom. Lo caliá sonar Monsen de Balzac (Le petit paysan de la Nougayrié renia jusqu’à son propre nom. Il fallait l’appeler Monsieur de Balzac)./…/
L'affaire Balssa
La description du Midi dans La Comédie humaine est fragmentaire et exclut d'une manière quasi absolue l'Albigeois, le Toulousain, le Rouergue et le Quercy, c'est-à-dire les régions d'origine du père de Balzac et de ses principaux amis et protecteurs : ceci bien sûr en raison du drame de l'affaire Balssa dont jamais la cicatrice ne devait se refermer dans le coeur de l'écrivain qui prétendra se rattacher à la noble famille auvergnate des Balzac d'Entragues. Le 6 juillet 1818, vers neuf heures du matin, une jeune fille de la Calquière, hameau situé au bord du Viaur dans la commune de Mirandol, venait comme chaque jour puiser de l'eau à la fontaine de Frexaïres, située dans ce lieu isolé. Quelle ne fut pas sa surprise d'y découvrir un corps tuméfié qu'elle reconnut être celui de Cécile Soulié, une jeune femme native de la Calquière, qui se louait depuis quelques années comme servante dans les fermes environnantes et qui était enceinte. Prévenu par le père de la victime, le juge de paix de Pampelonne se rendit presque aussitôt sur les lieux et le chirurgien dont il se fit accompagner conclut à une mort criminelle par strangulation. Certains des témoignages recueillis par le juge lors de son enquête compromirent Louis Balssa, le plus jeune frère de Bernard-François, demeuré au hameau natal de la Nougayrié. Le procès-verbal du juge, qui était un oncle de Jean Albar, sans doute le vrai coupable, convainquit le procureur du roi près le tribunal d'Albi de décerner un mandat de dépôt contre Louis Balssa. Son procès devant les assises du Tarn fut très rapide et ne déborda pas de la journée du 14 juin 1819 . La question à laquelle les jurés eurent à répondre à l'issue de cette journée était simple :" Louis Balza est-il coupable d'avoir, avec préméditation, commis un meurtre sur la personne de Cécile Soulié ?" Les jurés y répondirent affirmativement mais à la simple majorité. Louis Balssa fut exécuté le 16 août 1819 sur la place du Manège à Albi. Il est presque certain qu'il était innocent, le vrai coupable étant Jean Albar, petit-fils du notaire dont Bernard-François avait été le clerc.
/…/ Venguèron los gendarmas. Enquestavan pels ostals.(Les gendarmes vinrent. Ils enquêtèrent dans les maisons)Mas Joan Albar deçà delà fasiá lusir d’argent. Lo mond se calèron.(Mais Jean Albar par-ci par-là faisait briller l’argent. Les gens se taissèrent)
E foguèt Loïs de Balssà que los gendarmas prenguèron. Lo clavèron dins la prison d’Albi.
(Et se fût Louis de Balssa que les gendarmes amenèrent. Ils l’enfermèrent dans la prison d’Albi) Lo tribunal lo condamnèt a mòrt. Sus la plaça del Manège, en 1819, redolèt lo cap del prince de la Nogairiá.(Le tribunal le condamna à mort. Sur la place du manège, en 1819, roula la tête du prince de la Nougayrié) Aquel jorn, en amont, a Paris, Bernat-Francés  de Balssà, Monsen de Balzac, demandava a son flh : « Onorat, ara que tenes los vint an, quin mestièr vòls prene ? »- « Paire, vòli èsser escrivan »(Ce jour là, en haut, à Paris, Bernard-François de Balssa, Monsieur de Balzac, demandait à son fil « Honoré, maintenant que tu as vingt ans, quel métier veux-tu faire ? » « Père, je veux devenir écrivain »)/…/

Les deux faces d’une même pièce
« Toutes les âmes des ancêtres d’Honoré se sont réincarnées dans les milliers de personnages de la Comédie Humaine qui chacun brûle sa fièvre dans un monde infernal ». Telle est en substance ce que dit Boudou à la fin de son récit, comme si un lien, un fil mystérieux reliait pour toujours Balzac à son origine. Cette origine commune qui a donné deux destins différents, en apparence opposés, d’un coté dans la Comédie Humaine à travers la quête d’Honoré à représenter et à créer une société et une humanité, et de l’autre chez Boudou de reconstituer et restituer cette humanité, cette société, l’une étant entièrement imaginaire, et l’autre exclusivement locale, n’a-t-elle pas engendré la même œuvre, celle d’essayer de percer le mystère de l’humanité en l’écrivant. Car ce travail énorme de recherche de la part de Balzac ou bien de Boudou, soit de façon générale ou bien locale, raconte la même histoire qui traverse leur vie, leurs œuvres, et  que ce soit à Paris ou bien dans la vallée du Viaur, l’Humanité se dit et se vit partout,  ceci indépendamment des lieux, des cultures, des langues, à l’opposé d’échelles de valeurs qui sont souvent imposées par les cultures dominantes vis-à-vis de celles dites minoritaires.
Bien que ce mystère transpire si peu dans l’œuvre d’Honoré, il a donc toutefois été l’origine de son destin, comme les exodes, les migrations de sa longue parenté, de région en région, de village en village. Ceci reste le lot de plus en plus actuel de femmes et d’hommes, d’un pays à l’autre et de continent en continent, et qui doivent, malgré ces ruptures, garder ce fil fragile qui nous relie tous et qui doit être préservé, au-delà des rives de nos migrations, en équilibre toujours fragile entre particularisme et intégration, car nous racontons tous l’histoire humaine.
A ce fil nous pouvons néanmoins essayer d’y accrocher un mot : la convivencia, introduit en 2004 en français sous le terme convivance, hérité de la civilisation occitano-arabo-andalouse et qui reliait les interactions entre musulmans, juifs et chrétiens à l’époque médiévale. Ce terme pourrait être le concept du temps présent et à venir et se définir comme un art de vivre ensemble dans le respect des différences, en termes d’égalité. Il impliquerait dès lors l’établissement d’équilibre subtils entre l’individu et la ou les communautés de son choix, entre l’universel et le local, l’enracinement et le nomadisme, le proche et le lointain, l’autonomie et l’interdépendance, l’intégration et l’assimilation librement consentie, la croyance et l’incroyance, la laïcité et la spiritualité. C’est à un nouveau jardin des savoirs auquel nous sommes conviés[*]

Nous espérons que ce petit récit occitano-français vous aura également donné envie de visiter ce très beau pays de la vallée du Viaur, entre le Rouergue et l’Albigeois, où vous pourrez vous replonger dans cette histoire sur les lieux même où elle s’est déroulée.
Et si vous rencontrez une personne, sans lui demander son nom, dites-lui « Adieusiatz » et parlez-lui d’Honoré et de Jean. Il en sera très fier. Ce sera un Balssa !
 [*] Au-delà des rives- Alem Surre-Garcia

Jean Boudou (Crespin, Aveyron, 11 décembre 1920 – Arbatache, Algérie, 24 février 1975)
  • Contes del meu osta, 1951
  • Les Contes dels Balssàs, 1953
  • La Grava sul camin, 1956
  • L’Evangèli de Bertomieu, 1956
  • La Santa Estèla del centenari, 1960
  • Lo Libre dels Grands Jorns, 1964
  • Lo Libre de Catòia, 1966
  • Res non val l’electro-chòc, 1970
  • La Quimèra, 1974
  • L’Anèl d’aur, 1975
  • Sus la mar de las galèras, 1975
  • Contes del Drac, 1975
  • Las Domaiselas, 1976
  • L’òme que èri ieu, 1976

 
Honoré de Balzac, (Tours 20 mai 1799Paris 18 août 1850)

 



 Début d'Eugénie Grandet :
Il se trouve dans certaines provinces des maisons dont la vue inspire une mélancolie égale à celle que provoquent les cloîtres les plus sombres, les landes les plus ternes ou les ruines les plus tristes. Peut-être y a-t-il à la fois dans ces maisons et le silence du cloître et l'aridité des landes et les ossements des ruines. La vie et le mouvement y sont si tranquilles qu'un étranger les croirait inhabitées, s'il ne rencontrait tout à coup le regard pâle et froid d'une personne immobile dont la figure à demi monastique dépasse l'appui de la croisée, au bruit d'un pas inconnu. Ces principes de mélancolie existent dans la physionomie d'un logis situé à Saumur, au bout de la rue montueuse qui mène au château, par le haut de la ville. Cette rue, maintenant peu fréquentée, chaude en été, froide en hiver, obscure en quelques endroits, est remarquable par la sonorité de son petit pavé caillouteux, toujours propre et sec, par l'étroitesse de sa voie tortueuse, par la paix de ses maisons qui appartiennent à la vieille ville, et que dominent les remparts. Des habitations trois fois séculaires y sont encore solides quoique construites en bois, et leurs divers aspects contribuent à l'originalité qui recommande cette partie de Saumur à l'attention des antiquaires et des artistes. Il est difficile de passer devant ces maisons, sans admirer les énormes madriers dont les bouts sont taillés en figures bizarres et qui couronnent d'un bas-relief noir le rez-de-chaussée de la plupart d'entre elles. Ici, des pièces de bois transversales sont couvertes en ardoises et dessinent des lignes bleues sur les frêles murailles d'un logis terminé par un toit en colombage que les ans ont fait plier, dont les bardeaux pourris ont été tordus par l'action alternative de la pluie et du soleil. Là se présentent des appuis de fenêtre usés, noircis, dont les délicates sculptures se voient à peine, et qui semblent trop légers pour le pot d'argile brune d'où s'élancent les oeillets ou les rosiers d'une pauvre ouvrière. Plus loin, c'est des portes garnies de clous énormes où le génie de nos ancêtres a tracé des hiéroglyphes domestiques dont le sens ne se retrouvera jamais. Tantôt un protestant y a signé sa foi, tantôt un ligueur y a maudit Henri IV. Quelque bourgeois y a gravé les insignes de sa noblesse de cloches, la gloire de son échevinage oublié. L'Histoire de France est là tout entière.

LA TALVERA
Es sus la talvèra qu'es la libertat,
La mòrt que t'espèra garda la vertat.
Cal segre l'orièra, lo cròs del valat,
Grana la misèria quand florís lo blat.
Es sus la talvèra qu'es la libertat

Per passar l'encisa te revires pas
D'autan o de bisa pren lo vent sul nas,
Una peira lisa, l'avenc es al ras.
Ont la sèrp anisa se fondrá lo glaç.
Per passar l'encisa te revires pas;

Estelas sens luna ne veirem la fin
Ne perdrem pas una, cercam lo camin.
Lo cel tot s'engruna del ser al matin,
La bèstia feruna pudís lo canin
Estelas sens luna ne veirem la fin.

Fraire contra fraire tiram lo cotèl
Enfant de ta maire que val la tia pèl?
La mia val pas gaire: un espet de fèl.
Quin aucèl becaire nos picarà l'uèlh?
Fraire contra fraire tiram lo cotèl.

Es sus la talvèra qu'es la libertat.
D'orièra en orièra pòrta la vertat.
La vida t'espèra de cròs en valat:
Bolis la misèria quand grana lo blat.
Es sus la talvèra qu'es la libertat
C’est sur la lisière qu’est la liberté
La mort qui t’attend garde la vérité
Tu dois longer l’orée, le creux du fossé
Grène la misère quand fleurit le blé
C’est sur la lisière qu’est la liberté

Pour passer le défilé, ne te retourne pas
D’autant ou de bise, le vent te cinglera
La roche glisse, l’abîme est là
Où niche le serpent, la glace fondra
Pour passer le défilé, ne te retourne pas

Etoiles sans lune nous verrons leur fin
N’en perdons aucune, cherchons le chemin
Le grand ciel s’égrène du soir au matin
La bête sauvage pue comme chien
Etoiles sans lune nous verrons leur fin

Frère contre frère nous levons le couteau
Enfant de ta mère que vaut donc ta peau ?
La mienne ne vaut guère : éclat de fiel et d’eau
Qui crèvera notre œil ? Quel oiseau ?
Frère contre frère nous levons le couteau

C’est sur la lisière qu’est la liberté
D’orée en orée résonne la vérité
La vie d’attend de creux en fossé
Bouillonne la misère quand grène le blé
C’est sur la lisière qu’est la liberté

Sources : Toutes les sources concernant le récit chronologique sont fournies dans le livre : " La vie prodigieuse de Bernard-Franois Balssa. Aux sources historiques de La Comédie humaine ", Jean-Louis Déga, Editions Subervie, Rodez, 1998.
Contes dels Balssàs, Joan Bodon, IEO Edicions
Contes des Balssas, Jean Boudou, Editions du Rouergue