Affichage des articles dont le libellé est Conférence/Spectable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Conférence/Spectable. Afficher tous les articles

samedi 4 avril 2026

Visite de l'exposition "l'art luxembourgeois du XXe siècle" à la villa Vauban

 L'amicale avait organisé une visite guidée au musée de la villa Vauban le 3 avril 2026

Cette exposition sur l'art luxembourgeois du 20e siècle présente une sélection d’œuvres d'artistes luxembourgeois, de l'époque moderne classique jusqu'au tournant du millénaire.
Une très intéressante traversée d'un siècle très riche en courants artistiques tels le fauvisme, l'expressionnisme, le cubisme, le surréalisme, le pop-art et l'art conceptuel







samedi 1 octobre 2022

Visite guidée au musée de la villa Vauban, le 30 septembre 2022.

Visite guidée au musée de la villa Vauban autour de l'œuvre du peintre britannique 

John Constable

Contemporain de Turner, il est considéré comme le précurseur de l'impressionnisme.









jeudi 5 décembre 2013

Conférence-spectacle : "De part et d'autre du miroir" Jeudi 5 décembre 2013 au Cercle Cité, Luxembourg

A l’initiative de M Guy Remmy, membre de notre association, l’amicale, en collaboration avec l’Institut Français et la Ville de Luxembourg, a eu le plaisir de présenter ce spectacle de Frédéric Gay, inspiré de l’œuvre de Jean Cocteau


mardi 3 juillet 2012

Conférence : « La commanderie templière de Sainte-Eulalie de Cernon sur le Larzac"


Conférence de Jacques MIQUEL, historien, conseiller technique et scientifique auprès du Conservatoire du Larzac, Templiers et Hospitaliers
« La commanderie templière de Sainte-Eulalie de Cernon sur le Larzac : un exemple de développement culturel et touristique en milieu rural »
Mardi 3 juillet 2012, Institut français du Luxembourg








En écho à un célèbre slogan des années 70 « Gardarem lo Larzac », « Nous garderons le Larzac », porté par des paysans en lutte contre l’extension d’un camp militaire qui aurait pu anéantir une partie de l’agro pastoralisme, aujourd’hui classé sur ce lieu au patrimoine mondial de l’Unesco, celui du Conservatoire Larzac Templier et Hospitalier pourrait être « Gardarem lo patrimòni », « Nous garderons le patrimoine », en référence à ces années consacrées à la protection et la mise en valeur de ce même territoire.

C’est à toutes ces femmes et ces hommes de notre département que l’amicale souhaitait rendre hommage en saluant l’immense travail accompli pour faire vivre ce pays, et ceci notamment par la présence de Monsieur Miquel, chercheur et historien, venu bénévolement de si loin pour faire partager aux nombreuses personnes réunies le 3 juillet 2012 à l’Institut Français au Luxembourg cette passion pour ce patrimoine.

Le Conservatoire est un syndicat mixte regroupant cinq collectivités départementales et dont les missions sont de valoriser, restaurer, réhabiliter et animer le patrimoine Templier et Hospitalier des cinq communes qui sont La Cavalerie, La Couvertoirade, Sainte-Eulalie de Cernon, Saint-Jean et Saint-Paul et le Viala du Pas de Jaux. Une mission de recherche a été également confiée à un comité scientifique.

Riche de ces années d’expériences au cœur du Conservatoire, Monsieur Miquel a ravi le public très nombreux de par sa connaissance immense sur l’histoire complexe des Templiers, leur implantation sur le Larzac, la mise en valeur de ces terres et les villages qu’ils ont érigés. Il a également tracé l’historique du Conservatoire et cité toutes les innovations et synergies qui ont contribuées notamment au succès touristique, mais également au classement au patrimoine mondial.

Le public très cosmopolite et nombreux habituel au Luxembourg, représenté notamment par un attaché culturel allemand, des espagnols et un sénégalais, montrait ainsi bien que l’intérêt porté par ce sujet dépassait les limites du département et que cette structure et la mise en place de ce Conservatoire pouvait servir d’exemple pour d’autres projets de préservation de patrimoine.

Un buffet aveyronnais réunit ensuite tous les participants qui purent ainsi continuer de dialoguer avec le conférencier, alliant ainsi l’utile à l’agréable, et songer avec l’aide des membres de l’amicale à organiser de futures vacances en Aveyron.

mardi 1 décembre 2009

Conférence : « Simone Weil : l’Insoumise » de Laure Adler, le 1er décembre 2009 dans l'amphithéâtre de la bibliothèque de la Ville de Luxembourg


Après avoir contacté Laure Adler lors de la parution en octobre 2008 de la biographie qu'elle lui avait consacrée pour le centième anniversaire de sa naissance, l'Amicale était heureuse de voir ainsi se concrétiser cette manifestation, en partenariat avec le Centre Culturel Français, l'association Victor Hugo et l'Association des Français en Fonction dans les Institutions internationales au Luxembourg.
Une des motivations qui incita l'Amicale à rendre cet hommage à Simone Weil  fut que cette philosophe est une des très rares intellectuelles françaises à avoir « élevé » aussi haut notre culture et la désigner par le terme que nous-mêmes n'oserions pas employer de « civilisation ». En effet, après avoir rencontré lors de son séjour en zone libre pendant la guerre les intellectuels et résistants occitans tels que Jean Ballard, René Nelli ou Joë Bousquet qui lui firent connaître la littérature troubadouresque et la mystique Cathare notamment, elle fut éprise par « la beauté de cette époque » où avant la Croisade contre les Albigeois rayonnait en Occitanie, sur cette terre des Troubadours, ce Génie d'Òc qui lui inspira deux textes flamboyants parus dans les Cahiers du Sud : «  L'agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique » et « En quoi consiste l'inspiration occitanienne ».
Au moment même où aujourd'hui nous n'arrivons plus à parler notre langue, à la transmettre à nos enfants, à faire connaître et valoriser notre culture et notre histoire, un tel hommage venu de l'extérieur, cet regard de l'Autre posé sur nous avec tant d'intelligence et de Vérité, ne peut que nous interpeller « ...dans la mesure où nous contemplerons la beauté de cette époque avec attention et amour, dans cette mesure son inspiration descendra en nous et rendra peu à peu impossible une partie au moins des bassesses qui constituent l'air que nous respirons »

jeudi 13 octobre 2005

Conférence "Jaurès philosophe" de Jòrdi Blanc, le jeudi 13 octobre 2005 à 18h30 au Centre Culturel Français




Jean Jaurès. On connaît le parlementaire, le périodiste, le tribun... le dreyfusard, l'artisan de l'unité socialiste, le leader internationaliste, le promoteur de la laïcité, "l'apôtre de la paix". Mais comment cela tient-il en un seul homme?

Brillant agrégé, professeur de philosophie à Albi puis à Toulouse et docteur en Sorbonne, qu'en retiennent ses exégètes? "Converti" au socialisme par les mineurs de Carmaux, la lecture de Marx, ou ses discussions avec Guesde ou Herr, Jaurès ne serait que le produit d'une influence.

Et s'il s'était d'abord construit philosophiquement lui-même? Jòrdi Blanc, auteur d'une thèse consacrée à son cours de philosophie, oublié et inédit, y a découvert des références qui ne sont pas celles annoncées par l'historiographie marxiste depuis 40 ans mais bien Platon, Aristote, Plotin, le christianisme évangélique, Leibniz et Victor Cousin. De quoi initier une relecture de toute son oeuvre et du rapport de son action à sa pensée. (Jòrdi Blanc, Jaurès, Vent Terral 2001)

Jòrdi Blanc vient de publier, aux éditions Vent terral qu’il dirige, le premier volume d’un ouvrage en cinq tomes consacré aux œuvres philosophiques de Jean Jaurès. L’occasion pour cet érudit, à la fois philosophe, écrivain, poète occitan et chroniqueur, de dessiner un visage de Jaurès totalement inattendu.

mercredi 1 juin 2005

Ciné/Conférence "L’Aubrac au cinéma" : Un roi sans divertissement de François Leterrier d’après l’œuvre de Jean Giono,le 1 juin 2005



 Cette année, les élèves de terminale Littéraire ont dû se pencher sur l’oeuvre de Jean Giono Un roi sans divertissement dans laquelle le célèbre écrivain provençal livre une méditation pessimiste sur l’ennui existentiel de l’Homme. Ce fut l’occasion, pour l’Amicale Luxembourg-Aveyron, lors d’une conférence au Centre Culturel Français de la capitale européenne, de rappeler que ce roman publié en 1947, fut en 1963 l’objet d’une adaptation cinématographique injustement méconnue et surtout que l’Aubrac servit de décor.

Aspect qu’a développé le conférencier, M. Michaël Bach, professeur de Lettres, originaire de Saint Geniez d’Olt, village situé au pied de ces monts d’Aubrac, après que Mme Crosnier, directeur du CCF, eut tracée les grandes lignes de la vie de Jean Giono.

Alors que dans le roman, l’action se situait dans les Alpes iséroises, Jean Giono, auteur du scénario, demanda au réalisateur François Leterrier que le tournage s’effectue sur ce plateau que l’Aveyron se partage avec le Cantal et la Lozère, en plein hiver, recouvert par la neige. Ceci a pour résultat que Un roi sans divertissement fait partie de ces oeuvres où le décor a un impact considérable sur sa signification, où le réalisateur n’oublie pas que le cinéma est avant tout un art visuel. Ambitieux sur le plan esthétique par le jeu permanent sur les couleurs au point que certains plans sont de véritables peintures, représentation métaphysique de l’Ennui qui ronge les personnages, loin des clichés publicitaires pour attirer les touristes amateurs de randonnées, l’Aubrac devient le lieu où se mêlent la beauté, l’étrange et le funeste. Ainsi, le film place le spectateur face à une vision particulièrement originale et prenante de cette région.

C’est aussi une reconstitution fidèle du mode de vie dans cette région belle mais au climat âpre au milieu du XIXème siècle : le charme rustique des villages et des maisons protège des hivers difficiles.

Après la diffusion du film, le public nombreux et intéressé s’est retrouvé autour d’un pot de l’amitié où le vin de Marcillac et les gâteaux aveyronnais ont été appréciés. Les discussions animées amenèrent un constat unanime : Un roi sans divertissement est un film de qualité qui mérite d’être redécouvert aussi bien par le cinéphile que par celui qui apprécie ou veut découvrir l’Aubrac.


" Le premier plan du film : un décor blanc immaculé par la neige. Au bout de quelques secondes surgit une silhouette noire. Le ton est donné, le film est tourné en couleur mais pourtant, tout au long du film, blanc, noir et gris dominent l’image. Toute l’énergie des protagonistes - le capitaine de gendarmerie Langlois, l’assassin qu’il recherche et dans une moindre mesure le procureur- va se déployer dans cette quête désespérée : colorer ce décor comme un combat symbolique et tragique contre le néant existentiel d’Hommes privés de couleur. Et ce décor, c’est un village perdu (Les Hermaux ) sur le plateau de l’Aubrac au plus dur de l’hiver au milieu du XIXème siècle.
Resituons le contexte du film. En 1947, Jean Giono publie ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des romans majeurs du XXème siècle : Un roi sans divertissement dont le message philosophique est bien connu : sous une trame policière classique – un enquêteur à la recherche d’un « serial killer » – se développe un thème pessimiste et cher à certains de nos grands auteurs comme Pascal ou Baudelaire : l’Ennui existentiel inhérent à l’Homme et sa conséquence dans la recherche obsessionnelle du divertissement fusse par le crime. On reprocha au roman sa complexité narrative par moment à la limite de l’hermétisme.
En 1963, Giono en tire un scénario et supervise étroitement la réalisation cinématographique confiée à François Leterrier. Néanmoins, il ne s’agit pas d’un simple adaptation mais bien d’une véritable réécriture où sont explicités, clarifiés et parfois modifiés les points obscurs du roman.
Et paramètre qui nous importe ici : le lieu de l’action change. Des Alpes iséroises, nous passons au plateau de l’Aubrac car le décor se doit de refléter le néant intérieur des personnages. Les majestueuses montagnes alpines laissent place à un décor monotone où les formes sont abolies. La neige recouvre et unifie tout par son voile blanc ; les personnages sont habillés de noir et de gris et, anecdote saillante, Giono fit frotter les maisons avec de la neige et de la boue pour leur donner une apparence terne ; cet environnement sinistre est appuyé par la chanson lancinante de Brel: « pourquoi faut-il que les hommes s’ennuient ?».
Contre cette monotonie tragique, il faut lutter et les couleurs surgissent comme elles peuvent. Les couleurs chatoyantes de l’intérieur de l’église créent un contraste saisissant avec l’extérieur. Le procureur, joué par Charles Vanel, fait habiller son jeune aide en rouge tel un petit chaperon. Ce rouge qui devient la couleur omnipotente pour détruire ce blanc insupportable de mélancolie. A de nombreuses reprises, le rouge de différents objets et particulièrement du sang du meurtre et du suicide macule la neige. La chasse meurtrière, celle d’un animal et celle d’une jeune femme, se dévoile comme le seul divertissement possible dans ce monde rongé par l’ennui. Le dernier plan du film est un écran rouge…
Un roi sans divertissement, bien que d’un pessimiste absolu sur le fond est d’une grande ambition formelle. Jamais sans doute, l’Aubrac n’a été représenté ainsi : aire à la limite de l’abstraction, reflet métaphysique de l’âme humaine ; cela se manifeste dans le maniement, esthétiquement très réussi, des couleurs ou plutôt des non-couleurs. Voilà tout le paradoxe de l’oeuvre du duo Leterrier-Giono ; l’Aubrac devient un funeste enfer humain digne du Huis-clos de Sartre et dans le même temps permet la création visuelle d’un espace géographique d’une beauté bouleversante à l’écran."
Michael Bach











jeudi 21 octobre 2004

Ciné-conférence Victor et autres enfants sauvages chez Truffaut par Dominique Auzel, jeudi 21 octobre 2004 à la Cinémathèque de la ville de Luxembourg



Un an après la présentation du cinéaste Georges Rouquier et de son film culte « Farrebique », Dominique Auzel, sur l’invitation de l’Amicale Luxembourg Aveyron et en collaboration avec la cinémathèque de la Ville de Luxembourg, le Centre Culturel Français et l’Association Victor Hugo, a rendu hommage à François Truffaut ce jeudi 21 octobre, 20 ans jour pour jour après son décès, à travers une conférence intitulée « Victor et les autres enfants sauvages de François Truffaut », suivi du film « L’enfant sauvage ».

Dominique Auzel, originaire de Marcillac dans l’Aveyron, titulaire d’une maîtrise de l’histoire de l’art, d’un DEA de lettres modernes et d’un doctorat d’études cinématographique, directeur de collection aux éditions Milan et maître de conférence à l’université de Toulouse, a voué depuis sa jeunesse une passion pour le 7ième art, tout comme son cinéaste fétiche François Truffaut pour lequel il a dédié cette année quatre ouvrages remarquables, François Truffaut à l’affiche (Séguier), François Truffaut l’homme-cinéma (Les essentiels, Milan), François Truffaut le cinéphile passionné (Séguier) et Paroles de François Truffaut (Albin Michel).

A l’occasion de cet hommage international, après avoir été sollicité pour de nombreuses émissions radios et conférences, Dominique Auzel a retrouvé ses compatriotes Aveyronnais à Luxembourg avec lesquels il a passé cette journée particulière dédié au grand cinéaste. Celui-ci, pour qui le cinéma était peut-être plus important que la vie « Les femmes, les enfants et le cinéma d’abord »,qui disait que le film de demain sera un acte d’amour, n’a toujours pas de descendants car toujours trop présent, trop actuel pour être donné en héritage. Avec plus de vingt films en vingt ans d’une vie d’homme/cinéma, (il fut auteur, producteur, écrivain et même acteur), son œuvre, couronnée par un oscar pour « La nuit américaine », de dix césars pour « Le dernier métro », alterne les sujets graves et les préoccupations plus légères, est traversée notamment par l’amour des femmes ou celui de l’enfant, ce monde de l’enfance que Dominique Auzel a su nous faire découvrir à travers des pistes qui jalonnent sa vie et ses films.

La fermeture en iris de la caméra sur la dernière image du film renvoyait ensuite le public aux lumières du hall de réception où le public a pu dialoguer et faire dédicacer les ouvrages à son auteur, un verre de vin aveyronnais à la main, accompagné de soleils de Marcillac et de fouaces.

Victor, à qui cette soirée était aussi dédiée, loin de ses bois de Lacaune, Pousthomy et Saint-Sernin, et pour qui la vie ne s’est pas terminée en « happy end » comme dans le film, restera ainsi éternel par le truchement et la magie de ce « cinéma, celui qui a quelque chose à dire, et qui prouve qu’il est une amélioration de la vie parce qu’il est extraordinaire », comme le cite Dominique Auzel en avant-propos de Paroles de François Truffaut

mercredi 10 décembre 2003

Ciné Conférence: FARREBIQUE ou le cinéma du réel par Dominique Auzel à la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg, 10 décembre 2003


Farrebique ou les quatre saisons
(France 1946/vo/90')
De : Georges Rouquier
Avec : les villageois de Farrebique et de Goutrens (Aveyron)

CANNES 1946 - GRAND PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE
PARIS 1947 - GRAND PRIX DU CINÉMA FRANÇAIS
VENISE 1948 - MÉDAILLE D'OR



C'est dans le cadre magnifique de la cinémathèque de la ville de Luxembourg, lieu chargé de moments magiques cinématographiques, encore appelé ici le 7ième art, que le film de Georges Rouquier " Farrebique " fut projeté devant une nombreuse assistance de fidèles compatriotes aveyronnais, mais également de personnes attirées par la découverte et la renommée de ce film.

Mais cette soirée n'aurait pas connu cette réussite sans la présence de Dominique Auzel, auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma, et notamment " De Farrebique à Biquefarre ", et qui présenta avec passion l'auteur et son œuvre. En effet, qui mieux que Dominique Auzel, originaire de Marcillac, pouvait parler, illustrer parfois de propos anecdotiques, souvent pathétiques, mais tellement juste, de ce chef d'œuvre du cinéma. Rares en effet sont les filiations aussi proches que celle qu'il y a entre ce réalisateur, cet artisan du réel, et son biographe, son fils spirituel.
Ce film si cher aux Aveyronnais, qui parle de leur racine, de leur patrimoine culturel, de leur terre, de leur langue, mais qui au-delà de cet aspect identitaire fait aussi œuvre universelle grâce au talent et à la poésie de Georges Rouquier, restera pour toujours gravé dans notre mémoire collective et comme l'écrit Dominique Auzel " il nous montre des hommes, des animaux, des plantes, des paysages, tout ce qui fait partie de la terre où nous vivons et, si loin que nous en soyons, nous reconnaissons dans cet autre visage du monde un souffle de notre propre vie ".
Merci Dominique Auzel d'avoir réalisé pour nous cette rencontre entre l'œuvre, son créateur et les spectateurs que nous sommes. Merci de nous avoir fait découvrir ainsi, comme pour un bon vin, l'âme de ce film, son vigneron, sa terre.

C'est autour des vins et soleils de Marcillac que les spectateurs se retrouvèrent à la fin de la séance et purent ainsi terminer cette si agréable soirée, tout en découvrant les ouvrages mis en ventes par les éditions des cahiers du cinéma.
---
Au rythme des saisons, la vie d'une famille dans la ferme de Farrebique avec ses drames et ses joies, et ce, sous le microscope d'un adolescent qui chante ses décors familiers avec un lyrisme virgilien et une précision proustienne. Un poème lyrique, chaleureux et sensible réalisé par un cinéaste poète et paysan.
Georges Rouquier
L'œuvre du cinéaste Georges Rouquier (1909-1989) suscite un engouement qui ne se dément paset ses films-phares " Farrebique " et " Biquefarre ", si singuliers dans le paysage cinématographique français par la représentation qu'ils nous proposent du monde paysan de l'Aveyron, sont toujours aussi présents dans
l'univers du cinéma français. Ces films sont également connus dans le monde entier et les universités
comme les écoles de cinéma outre-Atlantique les considèrent comme des objets d'étude pour les futurs cinéastes. Spielberg et Coppola considèrent ces films comme des événements marquant l'histoire du cinéma et s'y réfèrent fréquemment.
Dominique Auzel
Le conférencier est aveyronnais et enseigne à l'université de Toulouse-II. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire et l'esthétique du cinéma, dont " Georges Rouquier - de Farrebique à Biquefarre " aux Editions des Cahiers du Cinéma)
Cinéma du réel
Réaliste, " Farrebique l'est d'abord par le refus de l'affabulation. Rouquier filme la vie réelle d'une ferme pendant un an et adopte volontairement le ton du document (présentation des personnages par le présentateur). Il y a, dès le départ, soumission au réel. Cette position de principe a comme conséquence l'emploi de véritables paysans et l'utilisation de décors réels. Rouquier a le sens de la matière, la caméra n'invente rien, elle voit et nous oblige à voir. Elle traduit l'écoulement du temps et concentre en 90 minutes une année complète.
Quelques critiques de l'époque
Je suis de ceux qui sont sortis de la projection de FARREBIQUE complètement bouleversés. Rares sont, en effet,
les films où l'on sent à ce point la présence du cœur. Mais, plus encore peut être, ce qui émeut profondément dans le film de Georges Rouquier, en même temps que cet amour de la nature d' une force lyrique extraordinaire, c'est sa pureté. Une séquence comme "l'éveil du printemps" classe son auteur. Très près du Dovjenko de "La Terre". Très près aussi de Jean Vigo, ne serait-ce que parce que FARREBIQUE rend aujourd'hui le même son neuf que rendaient à leur apparition "ZÉRO DE CONDUITE" et 'L'ATALANTE".
Marcel CARNÉ
"CINEMONDE", septembre 1946


" Farrebique est un film révolutionnaire. Les révolutions sont toujours en avance sur leur temps. Le véritable film d'avant-garde de ces dernières années n'est pas Citizen Kane, c'est Farrebique. "
Jacques Becker, cinéaste
" Je tiens Farrebique pour un grand événement. Un des très rares films français qui, avec L'Espoir de Malraux,
ait au moins pressenti la révolution réaliste dont le cinéma avait besoin (…)Un critique cinématographique, sans doute trop distingué, se plaint dans son papier d'avoir vu les vaches bouser, la pluie tomber, les moutons bêler,
les paysans patoiser, de quoi, dit-il, le dégoûter de la campagne. De quoi vous dégoûter des critiques de cinéma. "
(André Bazin, critique)



jeudi 21 novembre 2002

Occitan, culture d'Europe Conférence de Robert Marty,Centre Culturel Français, jeudi 21 novembre 2002


" Quand on est porteur d'une culture, quand on a envie de la défendre, on est prêt de faire partager ce pourquoi on se bat"


C'est ainsi que Robert Marty introduisit la conférence sur " Occitan, culture d'Europe ", le jeudi 21 novembre au Centre Culturel Français de Luxembourg devant plus de 45 personnes, avec notamment la présence du Centre Culturel Catalan, du représentant de la Principauté d'Andorre, d'un journaliste de l'hebdomadaire francophone " Le jeudi ", et des nombreux amis venus écouter ses propos, après deux journées très intenses, émission à la Radio Socio-Culturelle de Luxembourg et invitation à une conférence du Centre Culturel Catalan.

Difficile mission que de résumer en quelques minutes l'histoire et la littérature de 1000 ans d'âge, de parler du présent et d'envisager l'avenir, comment expliquer dans un pays où le trilinguisme existe, les difficultés qu'a la France à intégrer les langues régionales.

Il commença par les origines latines de l'occitan, de sa fabuleuse épopée durant les siècles des troubadours rayonnants dans toute l'Europe et qui s'acheva par le massacre de Montségur en 1244, marquant la fin cette période. Il délimita ensuite la zone géographique allant du val d'Aran en Espagne, seul endroit au monde où l'Occitan est langue officielle, en passant par la France jusqu'aux vallées Alpines Italiennes, où actuellement une demande est faite pour avoir l'Occitan comme langue des prochains jeux olympiques d'hiver.
L'histoire de cette langue passe aussi par des épisodes terribles où l'abbé Grégoire, durant la révolution, voulant anéantir le patois et universaliser le Français, donner la honte de cette langue, on ne pensait pas pouvoir faire cohabiter deux langues dans un même cerveau ( ce n'est pas à Luxembourg, pays du trilinguisme, qu'on démontrera cela), mena une enquête pour trouver le moyen d'anéantir les patois. Voici une des questions et la réponse qu'a donné un Rouergat d'alors :
" Quelle serait l'importance politique et religieuse de décimer ce patois, par quels moyens. ? " Réponse : "L'importance est nulle. Pour le détruire, il faudrait détruire le soleil, la fraîcheur des nuits, le genre des aliments, la qualité de l'eau et l'homme tout entier ".

Le XIXième siècle fut notamment celui de la figure incontournable de Frederic Mistral, mais qui hélas, comme un grand arbre, a fait trop d'ombre autour de lui et qui fut prix Nobel de littérature en 1904. Vient ensuite la révolution de la graphie : restauré et enseigné actuellement, très proche de l'écriture des troubadours et faite pour créer un système unifié. Après la dernière guerre mondiale, en 1945, naissance de l'Institut.d'Estudis Occitans, issu de la libération. La mission de l'I.E.O, est de normaliser grâce à des dictionnaires, des grammaires, des produits didactiques pour l'enseignement, publier, faire écrire et apprendre à lire aux gens, par des cours, stages d'été et formation d'enseignants.

Elle est aujourd'hui, enseignée, parlée, mais difficilement. Elle n'a pas de statut car elle n'existe pas. " Vous avez devant vous une personne qui a été payée par l'état pour enseigner une langue qui n'a aucune existence légale. Elle n'est pas reconnue car l'article deux de la constitution française dit que la langue de la république est le Français. " dit Robert Marty. Il ajouta : " Le seul journal entièrement en Occitan, La Setmana, n'a pas droit à l'aide à la presse. L'enseignement se fait dans des écoles gratuites, laïques, associatives, les Calandretas. Monolingue jusqu'au primaire, puis bi lingue jusqu'au collègue. Environ 3000 élèves sont scolarisés, et il existe quelques écoles expérimentales bilingues de l'éducation nationale qui ont des fonctionnaires qui enseignent une langue qui n'a aucun statut. Situation Ubuesque car la France refuse de signer la charte Européenne des langues minoritaires à cause de l'article deux.". En tant que directeur des éditions IDECO, il s'efforce de publier des œuvres modernes, roman, science fiction, policier, érotique, et évite les textes trop passéistes, régionalistes ou folkloriques, et choisi surtout des nouvelles formes d'écriture : " Nous ne sommes pas des conquérants, nous sommes des poètes. Nous habitons que dans notre littérature et chaque fois que nous voulons faire territoire, il faut écrire des livres. Il y a un bruit qui court que maintenant il y a plus d'écrivains que de lecteurs, car il existe un instrument d'édition, notamment l'IDECO, la maison d'édition précède le livre, et je reçois pour avoir un ordre d'idée, un manuscrit par semaine. Si on veut vendre, il faut de la qualité. Un roman se tire à 1000 exemplaires, Le plus vendu, La grava sul camin de Jean Boudou est tiré à 20 000 exemplaires. "

La conférence se termina par les derniers grands écrivains comme Robert Lafont, Max Rouquette et Bernard Manciet. Mais on ne pouvait finir sans faire référence au plus grand, Jean Boudou, né dans l'aveyron, mais qui a eu le malheur d'écrire en occitan. Le journal Le Monde refusa de publier l'annonce de sa mort car il n'était pas écrivain, puisqu'il n'écrivait pas en français. Sa fille, Jeannine, en 6ième, répondit à une rédaction qui demandait : " Que voulez-vous faire plus tard ? Être écrivain comme mon père ". Elle eu comme note zéro. " Mademoiselle, vous saurez que quand on veut être écrivain, on écrit en français " : Réponse claire, lumineuse et pédagogique puisque Jeannine Boudou n'écrit plus qu'en Français.

Robert Marty répondit ensuite aux nombreuses questions posées par l'assistance et tout le monde se retrouva autour des soleils de Marcillac et des fouaces, en écoutant les Massilia Sound System, La Talvera et autres Fabulous Trobadors et en feuilletant les nombreux livres sur la littérature Occitane qui étaient exposés.

vendredi 7 décembre 2001

Conférence "Les Grands Causses", Centre Culturel Français, le vendredi 7 décembre 2001



Les Grands Causses : plateaux calcaires d'une altitude moyenne de 800 mètres couvrant environ 1/3 de la superficie du département. Ils sont au nombre de 5 pour les plus importants :

Le Causse Comtal : le plus à l'Ouest avec son site du trou de Bozouls.

Le Causse de Séverac : le plus civilisé, d'où surgit comme une île Séverac le Château.

Le Causse Méjean : le plus élevé avec le col de la Fageole à 1200m.

Le Causse Noir : le plus mystérieux, longtemps inexploré et refuge de brigands, d'hérétiques, de loups et de sorcières. Célèbre par son chaos de Montpellier-le-vieux, lieu de tournage de nombreux films comme La Grande Vadrouille.

Le Causse du Larzac : le plus grand par sa superficie, le plus légendaire avec la venue des Templiers et Hospitaliers, le plus célèbre grâce à son fromage : le Roquefort.

De cette très simple définition géographique, géologique ou historique, nous pouvons ajouter celle d'un très célèbre guide touristique, que je ne nommerais pas, et qui conseillait encore en 1977 aux voyageurs qui traversaient la région des Causses, je cite " de quitter sans regret ces paysages arides et monotones, pour redescendre vers des vallées plus hospitalières ". J'espère que tel ne sera pas le cas ce soir et que ce voyage à travers ces trois documentaires vous donnera au contraire l'envie de découvrir cette région.
En effet, en reprenant le slogan célèbre " sous les pavés, le sable ", on peut dire ici " sous les rochers, la vie, l'eau ". Nous n'allons pas ici vous parler en experts, mais avec notre passion pour avoir vécu parmi ces plateaux qui fournissent la vie à toute une économie de notre département. Ces experts qui avaient conseillé le ministre de l'armée des années 70 et qui déclaraient ces terres incultes et seulement propres à un camp militaire que les paysans d'abord et ensuite tout le département a mis près de 10 ans pour empêcher l'extension. En effet, depuis les années 1960, un vaste travail d'amélioration de la race ovine, de méthode pour améliorer le rendement agricole et d'organisation des secteurs de productions de fromage, avaient redonné à cette région l'espoir qu'on voulait alors lui retirer.
De son isolement et de l'incompréhension de sa situation, l'Aveyron a su trouver une force de coalisation entre tous les représentants économiques, politiques, religieux et associatifs pour réaliser cette résistance pacifique, d'où ont émergé des mouvements alors révolutionnaires, mais aujourd'hui bien présents et indispensables à notre vie démocratique et qui sont l'écologie, le pacifisme, le pouvoir associatif, la lutte contre la mal-bouffe.
Les experts sont maintenant devenus plus prudents ou plutôt plus discrets, plus lointain. Les dangers contre cet équilibre fragile viennent petit à petit : sur taxation à l'importation du fromage de Roquefort aux Etats-Unis, ce qui entraîne plusieurs Millions de Francs de revenus en moins par an pour l'économie locale, lutte permanente pour empêcher la suppression d'hôpitaux, d'écoles. Actuellement, la région est en train de se battre contre la délocalisation de la fabrication des Bleus des Causses vers une autre région de France, où le bleu deviendra plus bleu, où les Causses n'existent pas, où le consommateur sera encore trompé.
Mais, pour rester optimiste et pour l'anecdote, je voudrai vous signaler qu'il reste des caves de Roquefort à acheter. Alors pourquoi pas un jour, un Roquefort Kremer, Junker ou mieux Léa Linster. Voir sur un plateau se marier Maria Grimal et Gabriel Coulet, c'est bien, mais un Léa Linster avec un Claude Juncker…tout ça avec un Pinot blanc bien sur Luxembourgeois.
C'est grâce à la collaboration de quatre organismes Aveyronnais que nous voulons essayer de vous montrer l'un des aspects du dynamisme et de la force de ce département pour
- garder son histoire et patrimoine à travers le Conservatoire du Larzac, Templier et Hospitalier,
- protéger et mettre en valeur avec le Parc Naturel Régional des Grands Causses,
- faire découvrir le monde fabuleux des insectes à Micropolis, et enfin adapter



aux contraintes modernes la production du fromage de Roquefort tout en sachant protéger la qualité du produit et améliorer les conditions de vie des producteurs de lait de brebis grâce à la Confédération Générale des Producteurs de Lait de Brebis et des Industriels de Roqueforts .
En 2004, le viaduc autoroutier le plus haut du France fera franchir aux voyageurs encore de plus en plus vite ces vastes plateaux vers des plaines
encore plus hospitalières. Les dimensions exceptionnelles du grand viaduc de Millau, les choix esthétiques de l'architecte Norman Foster mais aussi le décor naturel grandiose qu'offre le sud de l'Aveyron au travers des gorges du Tarn sont autant d'atouts qui contribueront à amplifier les attraits
touristiques de la région. L'Aveyron aura encore un autre défit devant lui et c'est dès aujourd'hui que se met en place ce dynamisme et équilibre entre tradition, culture, nouvelle technologie, tourisme et agriculture raisonnable ou raisonnée.
Pour les Aveyronnais, les Grands Causses seront toujours là pour nous rappeler la sagesse de l'éternité.
Qu'est-ce que le parc naturel des grands causses ?
C'est l'un des 38 parcs naturels régionaux créés en 1967 afin de protéger le patrimoine et de promouvoir le développement local. Celui des grands causses est constitué de vastes plateaux calcaires situés sur la moitié sud de l'Aveyron. Ils portent des noms plus ou moins connus : pays millavois, Larzac, causse noir, causse de Sévérac… et recèlent des richesses importantes que ce soit sur la plan naturel, culturel ou économique.
I) La nature
Comme cela a déjà été dit dans l'introduction, les grands causses sont de gigantesques plateaux calcaires proposant des panoramas somptueux et des paysages variés : plateaux secs et blancs sur le Larzac, rouges dans le pays de Camarès, campagne verte et vallonnée dans sa partie septentrionale autour de Sévérac-le-château, 3 rivières Tarn, Jonte et Dourbie qui ont creusées au fil du temps des gorges impressionnantes…
Sous la surface, le karst (système d'érosion mécanique et chimique provoqué par l'eau) a donné naissance à un réseau complexe formé de grottes, de cavités et de rivières souterraines qui fait le bonheur des spéléologues mais surtout constitue une partie non négligeable des ressources en eau de la région Midi-Pyrénées.
Bref des cadres magnifiques qui attirent chaque année plus nombreux, les touristes amateur de belles natures et de randonnées.
II) La culture
Mais ces touristes profiteront également d'un patrimoine historique non négligeable:
La présence de nombreux menhirs atteste de la présence de l'homme sur les grands causses dès l'époque paléolithique.
Le site archéologique gallo-romain de la Graufesenque près de Millau rappelle que la région fut l'une des plus importantes places industrielles de l'antiquité. En effet, elle approvisionnait l'empire romain en vaisselle sigillée (terre cuite rouge). Des vases furent retrouvées dans les ruines de Pompéi et dans des épaves de bateaux au fond de la mer rouge.
Le moyen-âge a laissé églises romanes, châteaux forts et villages fortifiés…
Le Larzac, lieu de passage stratégique, à cette même époque, a vu naître des places templières et hospitalières (Sainte-Eulalie de Cernon, La couvertoirade)
Depuis maintenant 2 ans, suite au succès du film Microcosmos, Micropolis, la cité des insectes, s'est installée à Saint-Léons, patrie de l'entomologiste Jean-Henri Fabre, et nous propose une découverte passionnante du monde des insectes.
III) L'économie
L'activité agricole numéro 1 est la production de lait de brebis (168 millions de litres par an). Ceci pour satisfaire les besoins d'un fromage mondialement connu : le Roquefort.
Les ganteries de Millau, se sont désormais spécialisées dans la haute couture
Enfin, le tourisme vert se développe de plus en plus. En effet, comment rester insensible aux qualités de cette région : authenticité de la nature, lumière et étendue des paysages, histoires riches et fécondes, gastronomie savoureuse ?
La Légende du Roquefort
L'histoire se déroule en Aveyron dans la belle région des Grands Causses.
Il était une fois… un jeune pâtre gardant son troupeau près d'une grotte du Combalou, rocher qui domine le village de Roquefort-sur-Soulzon. Se préparant à prendre son repas, il aperçut au loin une charmante jeune bergère. Fasciné par sa beauté, il décida de la suivre, laissant à son chien le soin de veiller au troupeau de brebis. Son maigre repas, composé de pain de seigle et de caillé de brebis, resta caché dans une petite grotte, bien au frais.
Quelques jours plus tard, il quitta son amoureuse de bergère et revient garder son troupeau. Pris d'une faim subite, il se précipita dans la petite grotte où il avait enfoui sa maigre pitance. Curieusement, le pain de seigle s'était couvert de moisissure et le caillé de brebis de marbrures vert bleues… Trop affamé pour s'interroger, le berger dévora cet étrange repas. Il trouva le fromage fort bon…
Il fit connaître à d'autres pâtres le fruit de sa découverte. C'est alors que plusieurs d'entre eux aménagèrent des grottes près de celle de notre pâtre. Ils fermèrent les issues par des cabanes en bois. Un nom qui restera puisque les artisans des caves de Roquefort sont toujours appelés " cabaniers "
Ainsi était né le Roquefort : une exquise alchimie s'était produite entre l'air, le pain et l'œuvre du temps " fils de la montagne et du vent ". Depuis des siècles, le berceau du Roquefort est resté au même endroit : Roquefort-sur-Soulzon petit bourg situé en bordure du Causse du Larzac, entre Millau et Saint-Affrique.

Aire d'appellation
Dès le VIIIe siècle, le Roquefort est cité dans de nombreux actes, donations, rentes, etc. concernant le Rouergue.
Charlemagne en avait fait son fromage favori. En 1411, une Charte de Charles VI reconnaît la nécessité vitale de défendre le Roquefort " en un pays ou ne pousse ni pied de vigne, ni grain de blé ", et en 1666, un arrêt du Parlement de Toulouse concède aux habitants de Roquefort " le monopole de l'affinage du fromage tel qu'il est pratiqué de temps immémorial dans les grottes dudit village ". Malgré la Révolution, les privilèges accordés à Roquefort sont maintenus par la Convention qui décide que " ne sera Roquefort que ce qui sortira des caves de Roquefort ".
C'est au sein d'un immense éboulis rocheux en bordure des Grands Causses, sous le plateau du Combalou, que les caves de Roquefort ont été aménagées. L'air humide, provenant des entrailles de la montagne, y pénètre par de longues failles appelées " fleurines ".
Là s'accomplit un miracle de la nature qui donne au Roquefort sa saveur incomparable.
Si l'affinage se fait uniquement à Roquefort, le lait nécessaire à la production du fromage est collecté dans une zone s'étendant sur le département de l'Aveyron et les départements limitrophes du Tarn, de la Lozère, mais aussi le Gard, l'Hérault et l'Aude. Cette Zone est appelé le "rayon de Roquefort".
La Confédération
Les hommes de Roquefort ont travaillé avec persévérance à perfectionner la qualité de leur fromage, développer sa notoriété, promouvoir sa production et défendre son appellation.
En 1930, ces efforts ont abouti à la création d'une interprofession destinée à institutionnaliser ces principes et à régir, dans une convention collective encore en vigueur aujourd'hui, les structures propres à assurer leur application.
Cette association originale, au sein de laquelle coopèrent producteurs de laits de brebis et fabricants de fromage, est restée un exemple de système interprofessionnel qui a réussi à organiser un marché.
L'un des premier résultats a consisté à intéresser directement le producteur de lait au prix du produit fini. C'était assurer la prospérité solidaire des agriculteurs et des industriels et marquer indissolublement l'interdépendance de leurs activités.
L'appellation d'origine Roquefort est reconnue et protégée dans de nombreux pays étrangers par des textes législatifs et des traités de commerce. Ainsi (en 1930), la Confédération Générale des Producteurs de Laits de Brebis et des Industriels de Roquefort a crée une marque collective, "le label de la Brebis Rouge ", pour signifier aux consommateurs que tous les contrôles d'origine et de qualité, et plus spécialement les conditions prévues pour l'emploi de l'appellation d'origine "Roquefort " ont été rigoureusement observées.
La Confédération a pour objectif générale l'étude et la défense des intérêts économiques communs aux Eleveurs de brebis et aux Fabricants de Roquefort, et notamment :
1°)- De régulariser les rapports et de resserrer les liens de collaboration entre Producteurs et Industriels ;
2°)- D'organiser et de promouvoir un service commun de la répression des fraudes, sous un budget unique ;
3°)- De rechercher et de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la protection de l'appellation "Roquefort " ;
4°)- De régulariser et d'assainir le marché d'achat du lait et plus particulièrement de fixer les règles devant servir de base à la détermination du prix du lait ;

L'Art du Fromager

Le Roquefort, fabriqué exclusivement à partir de lait de brebis, cru et entier, est un fromage à pâte persillée, en forme de cylindre d'une dizaine de centimètres d'épaisseur et dont le poids varie entre 2,5 et 2,9 kg. Il contient au moins 52% de matière grasse et se présente dans un emballage de papier d'aluminium portant l'appellation " Roquefort ", accompagnée du sigle " AOC " et de la marque confédérale de la " Brebis Rouge ".
Le Roquefort respecte des méthodes immuables. Chaque jour, pendant deux cents jours, de décembre à fin juin, les brebis sont traites matin et soir. Dans son arrivée en fromagerie, le lait peut être chauffé à 32° C environ. Il est ensemencé de pores de penicillium roqueforti avant l'ajout de la présure. Après deux heures, aidé d'un outil de découpe en forme de lyre, le fromager rompt la masse du caillé afin d'obtenir des petits cubes équilibrés. Il s'en suit le brassage, le pré-égouttage sans pressage, qui précède la mise en moule. Le caillé devient alors un pain de roquefort. Pendant plusieurs jours au repos dans une salle d'égouttage à 18° C, les pains sont plusieurs fois retournés, marqués en creux et envoyés au saloir. A cet instant, toujours dans les moules, intervient pendant 5 jours, le salage à sec, entrecoupé de différents retournements. Les petites fourmes sont alors prêtes pour le départ vers les fleurines de Roquefort. Le piquage, destiné à aérer la pâte, est réalisé en cave ou en laiterie.

Il est important de noter que les poudres et cultures de penicillium roqueforti utilisées doivent être réparées en France à partir de souches traditionnelles existant dans le micro-climat des caves naturelles de la zone délimitée de Roquefort.

L'Art de l'Affineur
L'affinage dure au moins 3 mois. La température des caves de Roquefort est constante, entre 7-8° C. Elles sont enserrées entre des parois rocheuses, recouvertes d'une flore microscopique de Penicillium Roqueforti, essentielle pour l'affinage du fromage. Les fromages sont exposés à nu, pendant au moins 2 semaines de la période d'affinage. Une maturation lente sous emballage protecteur se poursuit dans des caves à température dirigée.
Il faut lui éviter les variations trop brusques de température. Le morceau destiné au plateau de fromages sera chambré, comme un grand vin, une heure au moins avant le repas.
Le Roquefort entre aussi dans des préparations culinaires : canapés, salades, soufflés, feuilletés, etc... Il s'accompagne habituellement de vin rouge fort en caractère tel que le Marcillac, ou bien de vins liquoreux, Sauternes, Jurançon ou de vins doux naturels, Maury, Rivesaltes ou Porto.

Roquefort
Il y a, à la fois du mystère et du miracle. Difficile d'imaginer un site perdu, au paysage et au climat peu encourageant, inaccessible et loin des grandes villes. A Roquefort, deux mythes ont vu le jour : le fromage et la magie du fromage. Comment imaginer qu'un tel bonheur pouvait naître d'un énorme éboulis rocailleux. Qui aurait pu penser qu'il a fallu qu'une montagne s'écroule pour que la vie jaillisse?