jeudi 21 novembre 2002

Occitan, culture d'Europe Conférence de Robert Marty,Centre Culturel Français, jeudi 21 novembre 2002


" Quand on est porteur d'une culture, quand on a envie de la défendre, on est prêt de faire partager ce pourquoi on se bat"


C'est ainsi que Robert Marty introduisit la conférence sur " Occitan, culture d'Europe ", le jeudi 21 novembre au Centre Culturel Français de Luxembourg devant plus de 45 personnes, avec notamment la présence du Centre Culturel Catalan, du représentant de la Principauté d'Andorre, d'un journaliste de l'hebdomadaire francophone " Le jeudi ", et des nombreux amis venus écouter ses propos, après deux journées très intenses, émission à la Radio Socio-Culturelle de Luxembourg et invitation à une conférence du Centre Culturel Catalan.

Difficile mission que de résumer en quelques minutes l'histoire et la littérature de 1000 ans d'âge, de parler du présent et d'envisager l'avenir, comment expliquer dans un pays où le trilinguisme existe, les difficultés qu'a la France à intégrer les langues régionales.

Il commença par les origines latines de l'occitan, de sa fabuleuse épopée durant les siècles des troubadours rayonnants dans toute l'Europe et qui s'acheva par le massacre de Montségur en 1244, marquant la fin cette période. Il délimita ensuite la zone géographique allant du val d'Aran en Espagne, seul endroit au monde où l'Occitan est langue officielle, en passant par la France jusqu'aux vallées Alpines Italiennes, où actuellement une demande est faite pour avoir l'Occitan comme langue des prochains jeux olympiques d'hiver.
L'histoire de cette langue passe aussi par des épisodes terribles où l'abbé Grégoire, durant la révolution, voulant anéantir le patois et universaliser le Français, donner la honte de cette langue, on ne pensait pas pouvoir faire cohabiter deux langues dans un même cerveau ( ce n'est pas à Luxembourg, pays du trilinguisme, qu'on démontrera cela), mena une enquête pour trouver le moyen d'anéantir les patois. Voici une des questions et la réponse qu'a donné un Rouergat d'alors :
" Quelle serait l'importance politique et religieuse de décimer ce patois, par quels moyens. ? " Réponse : "L'importance est nulle. Pour le détruire, il faudrait détruire le soleil, la fraîcheur des nuits, le genre des aliments, la qualité de l'eau et l'homme tout entier ".

Le XIXième siècle fut notamment celui de la figure incontournable de Frederic Mistral, mais qui hélas, comme un grand arbre, a fait trop d'ombre autour de lui et qui fut prix Nobel de littérature en 1904. Vient ensuite la révolution de la graphie : restauré et enseigné actuellement, très proche de l'écriture des troubadours et faite pour créer un système unifié. Après la dernière guerre mondiale, en 1945, naissance de l'Institut.d'Estudis Occitans, issu de la libération. La mission de l'I.E.O, est de normaliser grâce à des dictionnaires, des grammaires, des produits didactiques pour l'enseignement, publier, faire écrire et apprendre à lire aux gens, par des cours, stages d'été et formation d'enseignants.

Elle est aujourd'hui, enseignée, parlée, mais difficilement. Elle n'a pas de statut car elle n'existe pas. " Vous avez devant vous une personne qui a été payée par l'état pour enseigner une langue qui n'a aucune existence légale. Elle n'est pas reconnue car l'article deux de la constitution française dit que la langue de la république est le Français. " dit Robert Marty. Il ajouta : " Le seul journal entièrement en Occitan, La Setmana, n'a pas droit à l'aide à la presse. L'enseignement se fait dans des écoles gratuites, laïques, associatives, les Calandretas. Monolingue jusqu'au primaire, puis bi lingue jusqu'au collègue. Environ 3000 élèves sont scolarisés, et il existe quelques écoles expérimentales bilingues de l'éducation nationale qui ont des fonctionnaires qui enseignent une langue qui n'a aucun statut. Situation Ubuesque car la France refuse de signer la charte Européenne des langues minoritaires à cause de l'article deux.". En tant que directeur des éditions IDECO, il s'efforce de publier des œuvres modernes, roman, science fiction, policier, érotique, et évite les textes trop passéistes, régionalistes ou folkloriques, et choisi surtout des nouvelles formes d'écriture : " Nous ne sommes pas des conquérants, nous sommes des poètes. Nous habitons que dans notre littérature et chaque fois que nous voulons faire territoire, il faut écrire des livres. Il y a un bruit qui court que maintenant il y a plus d'écrivains que de lecteurs, car il existe un instrument d'édition, notamment l'IDECO, la maison d'édition précède le livre, et je reçois pour avoir un ordre d'idée, un manuscrit par semaine. Si on veut vendre, il faut de la qualité. Un roman se tire à 1000 exemplaires, Le plus vendu, La grava sul camin de Jean Boudou est tiré à 20 000 exemplaires. "

La conférence se termina par les derniers grands écrivains comme Robert Lafont, Max Rouquette et Bernard Manciet. Mais on ne pouvait finir sans faire référence au plus grand, Jean Boudou, né dans l'aveyron, mais qui a eu le malheur d'écrire en occitan. Le journal Le Monde refusa de publier l'annonce de sa mort car il n'était pas écrivain, puisqu'il n'écrivait pas en français. Sa fille, Jeannine, en 6ième, répondit à une rédaction qui demandait : " Que voulez-vous faire plus tard ? Être écrivain comme mon père ". Elle eu comme note zéro. " Mademoiselle, vous saurez que quand on veut être écrivain, on écrit en français " : Réponse claire, lumineuse et pédagogique puisque Jeannine Boudou n'écrit plus qu'en Français.

Robert Marty répondit ensuite aux nombreuses questions posées par l'assistance et tout le monde se retrouva autour des soleils de Marcillac et des fouaces, en écoutant les Massilia Sound System, La Talvera et autres Fabulous Trobadors et en feuilletant les nombreux livres sur la littérature Occitane qui étaient exposés.

jeudi 17 octobre 2002

Soirée de solidarité au profit des sinistrés des inondations du sud-est de la France Centre Culturel Français, jeudi 17 octobre 2002


La solidarité était bien présente lors de la soirée organisée par l'Amicale Luxembourg-Aveyron au profit des sinistrés des inondations du sud de la France, le jeudi 17 octobre au Centre Culturel Français. 




En présence de Monsieur Babin, consul de France et de Monsieur Girault, délégué des Français à Luxembourg, la solidarité des nombreuses associations Françaises réunies à cette occasion, a montré l'élan de soutien indispensable devant une telle catastrophe. Les sketches des élèves de la classe de Monsieur Strategier de l'école européenne, ainsi que le spectacle offert par Grace et Gast, ont enchanté le public, ravi également de déguster des produits régionaux. 

Tous les membres du comité et les bénévoles ont été heureux de récolter la somme de 700€ au profit de l'action mené par Monsieur Hervigot, président de l'ACANAMAF.

Cette somme a été envoyée à la mairie d'Aramont et servira à la réfection d'aménagement associatif ou public.

samedi 12 octobre 2002

3ième marché des producteurs aveyronnais à Paris, 12 et 13 octobre 2002


Fidèles au rendez-vous du marché, les Aveyronnais du Luxembourg sont venus passer le week-end à Paris … et à Bercy.

Le cœur de l’Aveyron était à Paris les 11/12/13 octobre 2002. Festival de folklore, jeu de quille, bougnats, plus de 60 exposants et 20 000 visiteurs étaient présents durant ces merveilleuses journées pleines de convivialité.

Le Marché des producteurs Aveyronnais rassemblait:

Aligot: Aubrac aligot (Laguiole)
Autruches: Sophie Franck
Bières: Sébastien Blanquière (Saint-Geniez d'Olt)
Canards: Marie Enjalbert (La Salvetat-Peyrales), Claude Fraysse (Sauveterre de Rouergue), Bernard Pomies (La Fouillade), Marie-Jeanne Sarret (Arvieu)
Charcuterie et salaisons: Guy Cances (Villeneuve d'Aveyron), Lucien Conquet (Laguiole), Serge Couderc (Asprières), Alain Ginisty (Sébazac-Concourès), Claude Linard (Lanuéjouls), Pierre Méjane (Rodelle), Serge et Isabelle Rayrolles (Lacroix-Barez), Patrick Rolland Molinier (Salles-Curan)
Eau de vie: Paul Gayral (Sanvensa)
Escargots: Antoine Delpech (Mur de Barrez)
Estofinado: Jean-Pierre Carrie (Almont-les Junies)
Farçous: Sylvie Nayrolles (Le Nayrac)
Foies gras: Le Manoir Alexandre (Espalion)
Fouaces et pain: Maison Cavalier (Campagnac), Aimé Lauret (Sévérac le Chateau), L'Epi du Rouergue (La Loubière)
Fromages de montagne: Thierry Caucher (Aurelle-Verlac)
Fromages de brebis: Les Bergers du Larzac (La Cavalerie)
Gâteau à la broche: Xavier André (Millau), Ghislaine Bourniol (Saint-Saturnin de Lenne)
Huile de noix: Bernard Méjane (Espeyrac)
Jus de fruits: François Pouget (Pruines)
Miel: Manon Delac (Estaing), Laurent Ladirat (Sébazac-Concourès)
Pâte à tartiner: Hervé Lantuech (Espalion)
Roquefort: Delphine Carles (Roquefort), Papillon (Roquefort)
Trenels: André Delon (Millau)
Tripoux: Pierre Savy (Naucelle)
Truites: Stéphane d'Hondt (Saint-Geniez d'Olt), Dominique Mautuit (Laguiole)
Veau de l'Aveyron: Gérard Lacassagne (Villefranche de Rouergue)
Vins et liqueurs: Guy Cayssials (Onet le Chateau), Cave coopérative d'Estaing, Vignerons des Gorges du Tarn, Maryse Laurens (Clairveaux), Bernard Portalier (Rivière sur Tarn), Jean-Marie Revel (Salles la Source)
Volailles: Jean-Paul Lagriffoul (Bozouls), Benoît Quintard (Saint-Félix de Lunel)

L'Aveyron, c'est aussi un artisanat d'art qui était présent sur ce marché:

Bijoux: les Bijoux d'Estaing (Estaing), Lysbeth Création (Saint-Amans des Côts)
Cosmétiques, bijoux et textile: Nathalie Pourrat (Rodez)
Couteaux: Philippe Boissonnade (Rodez)
Meubles: Bernard Valette (Soulages-Bonneval)
Produits en laine mohair: Sylvie Bastide (Martrin)



                      



dimanche 9 juin 2002

Visite à une ferme biologique de Toodlermillen, le 9 juin 2002



C'est au cœur du parc naturel de la Haute-Sûre que les membres de l'Amicale Luxembourg-Aveyron se sont retrouvés pour visiter la ferme de M. Kieffer, à Toodlermillen. Pratiquant l'agriculture bio, M. Kieffer a également aménagé un magnifique camping, en cours d'homologation du label bio-camping, où l'on peut trouver tout le confort et la tranquillité dans ce cadre merveilleux près de la Sûre, ainsi que de pouvoir dormir dans des lits de paille aménagés dans un chalet, expérience unique au Luxembourg.

L'agriculture bio au Grand-Duché est en plein essor. 48 producteurs actuellement dont 19 nouvellement convertis l'année dernière. M. Kieffer a consacré bénévolement et avec passion une partie de son temps précieux à expliquer et répondre aux nombreuses questions qui lui étaient posées, démontrant ainsi que rentabilité et profit ne sont pas nécessairement les seuls critères de qualité dans la vie et que des hommes entretiennent encore l'équilibre fragile entre eux et la nature.

C'est autour d'une bonne table, confectionnée bien entendu de produits bio, que les membres de l'amicale ont conclu cette belle journée où la convivialité, la rencontre avec des gens passionnés et la protection de la nature étaient au rendez-vous, telles qu'on peut les trouver, au cœur du Luxembourg, au cœur de l'Aveyron, au-delà des frontières et des sentiers battus.


samedi 16 mars 2002

19 ième Festival des Migrations, de la Culture et de la Citoyenneté Hall Victor Hugo, Luxembourg, les 15, 16 et 17 mars 2002


Les 15/16/17 mars 2002, à la Halle Victor Hugo à Luxembourg a eu lieu la 19ème édition du Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté. Evénement culturel incontournable où se mêlent musiques, débats, gastronomie, vie associative, autant de passerelles à emprunter pour rencontrer et découvrir la richesse culturelle du Luxembourg. Le Festival a ainsi été qualifié par l'UNESCO, d'initiative exemplaire ", qui avec imagination et audace, propose des activités concrètes autour desquelles peuvent se rassembler nationaux et étrangers afin de mettre en commun leurs expériences culturelles et entamer une réflexion sur le sens du vivre-ensemble et de la notion de citoyenneté. 



"Comme l'année précédente, le Festival abritera le 2ème Salon du livre et des cultures qui accueille des écrivains représentatifs de la diversité culturelle du Luxembourg, des éditeurs, des revues de l'immigration, des librairies. Cette initiative à l'image de l'ensemble du Festival, souhaite donner une plus grande visibilité et apporter une légitimité aux cultures de l'immigration. En ouverture au festival, le CLAE et la Cinémathèque municipale de la Ville de Luxembourg invitent à la projection du film portugais " Zona J ", le jeudi 14 mars à 20h30.Le Festival est placé sous le Haut Patronage de Leurs Altesses Royales Le Grand-Duc et la Grande-Duchesse, l' Unesco, de Monsieur Walter Schwimmer, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, de Monsieur Jean Spautz, Président de la Chambre des Députés, du Gouvernement luxembourgeois, de Monsieur Paul Helminger Bourgmestre de la Ville de Luxembourg et de nombreuses Ambassades.
Un remerciement particulier à la Ville de Luxembourg, au Ministère de la famille, au Ministère de la Culture, à l'Ambassade du Portugal, à l'Ambassade d'Espagne, au fonds Culturel National, à l'association Ent'revues, aux sponsors et à tous les bénévoles qui rendent le festival possible.
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samedi 2 février 2002

Dîner amical, salle paroissiale de Strassen , le 2 février 2002






Plus de photos ici

Au menu de ce dîner concocté par François Gattone

Salade Rouergate
Aligot au manchon de canard confit
Roquefort
Pommes cuites au four et châtaignes
Café

Soirée animée par Jean Poudevigne à la « cabrette » et Christian Pelletier - Zamby Music


vendredi 7 décembre 2001

Conférence "Les Grands Causses", Centre Culturel Français, le vendredi 7 décembre 2001



Les Grands Causses : plateaux calcaires d'une altitude moyenne de 800 mètres couvrant environ 1/3 de la superficie du département. Ils sont au nombre de 5 pour les plus importants :

Le Causse Comtal : le plus à l'Ouest avec son site du trou de Bozouls.

Le Causse de Séverac : le plus civilisé, d'où surgit comme une île Séverac le Château.

Le Causse Méjean : le plus élevé avec le col de la Fageole à 1200m.

Le Causse Noir : le plus mystérieux, longtemps inexploré et refuge de brigands, d'hérétiques, de loups et de sorcières. Célèbre par son chaos de Montpellier-le-vieux, lieu de tournage de nombreux films comme La Grande Vadrouille.

Le Causse du Larzac : le plus grand par sa superficie, le plus légendaire avec la venue des Templiers et Hospitaliers, le plus célèbre grâce à son fromage : le Roquefort.

De cette très simple définition géographique, géologique ou historique, nous pouvons ajouter celle d'un très célèbre guide touristique, que je ne nommerais pas, et qui conseillait encore en 1977 aux voyageurs qui traversaient la région des Causses, je cite " de quitter sans regret ces paysages arides et monotones, pour redescendre vers des vallées plus hospitalières ". J'espère que tel ne sera pas le cas ce soir et que ce voyage à travers ces trois documentaires vous donnera au contraire l'envie de découvrir cette région.
En effet, en reprenant le slogan célèbre " sous les pavés, le sable ", on peut dire ici " sous les rochers, la vie, l'eau ". Nous n'allons pas ici vous parler en experts, mais avec notre passion pour avoir vécu parmi ces plateaux qui fournissent la vie à toute une économie de notre département. Ces experts qui avaient conseillé le ministre de l'armée des années 70 et qui déclaraient ces terres incultes et seulement propres à un camp militaire que les paysans d'abord et ensuite tout le département a mis près de 10 ans pour empêcher l'extension. En effet, depuis les années 1960, un vaste travail d'amélioration de la race ovine, de méthode pour améliorer le rendement agricole et d'organisation des secteurs de productions de fromage, avaient redonné à cette région l'espoir qu'on voulait alors lui retirer.
De son isolement et de l'incompréhension de sa situation, l'Aveyron a su trouver une force de coalisation entre tous les représentants économiques, politiques, religieux et associatifs pour réaliser cette résistance pacifique, d'où ont émergé des mouvements alors révolutionnaires, mais aujourd'hui bien présents et indispensables à notre vie démocratique et qui sont l'écologie, le pacifisme, le pouvoir associatif, la lutte contre la mal-bouffe.
Les experts sont maintenant devenus plus prudents ou plutôt plus discrets, plus lointain. Les dangers contre cet équilibre fragile viennent petit à petit : sur taxation à l'importation du fromage de Roquefort aux Etats-Unis, ce qui entraîne plusieurs Millions de Francs de revenus en moins par an pour l'économie locale, lutte permanente pour empêcher la suppression d'hôpitaux, d'écoles. Actuellement, la région est en train de se battre contre la délocalisation de la fabrication des Bleus des Causses vers une autre région de France, où le bleu deviendra plus bleu, où les Causses n'existent pas, où le consommateur sera encore trompé.
Mais, pour rester optimiste et pour l'anecdote, je voudrai vous signaler qu'il reste des caves de Roquefort à acheter. Alors pourquoi pas un jour, un Roquefort Kremer, Junker ou mieux Léa Linster. Voir sur un plateau se marier Maria Grimal et Gabriel Coulet, c'est bien, mais un Léa Linster avec un Claude Juncker…tout ça avec un Pinot blanc bien sur Luxembourgeois.
C'est grâce à la collaboration de quatre organismes Aveyronnais que nous voulons essayer de vous montrer l'un des aspects du dynamisme et de la force de ce département pour
- garder son histoire et patrimoine à travers le Conservatoire du Larzac, Templier et Hospitalier,
- protéger et mettre en valeur avec le Parc Naturel Régional des Grands Causses,
- faire découvrir le monde fabuleux des insectes à Micropolis, et enfin adapter



aux contraintes modernes la production du fromage de Roquefort tout en sachant protéger la qualité du produit et améliorer les conditions de vie des producteurs de lait de brebis grâce à la Confédération Générale des Producteurs de Lait de Brebis et des Industriels de Roqueforts .
En 2004, le viaduc autoroutier le plus haut du France fera franchir aux voyageurs encore de plus en plus vite ces vastes plateaux vers des plaines
encore plus hospitalières. Les dimensions exceptionnelles du grand viaduc de Millau, les choix esthétiques de l'architecte Norman Foster mais aussi le décor naturel grandiose qu'offre le sud de l'Aveyron au travers des gorges du Tarn sont autant d'atouts qui contribueront à amplifier les attraits
touristiques de la région. L'Aveyron aura encore un autre défit devant lui et c'est dès aujourd'hui que se met en place ce dynamisme et équilibre entre tradition, culture, nouvelle technologie, tourisme et agriculture raisonnable ou raisonnée.
Pour les Aveyronnais, les Grands Causses seront toujours là pour nous rappeler la sagesse de l'éternité.
Qu'est-ce que le parc naturel des grands causses ?
C'est l'un des 38 parcs naturels régionaux créés en 1967 afin de protéger le patrimoine et de promouvoir le développement local. Celui des grands causses est constitué de vastes plateaux calcaires situés sur la moitié sud de l'Aveyron. Ils portent des noms plus ou moins connus : pays millavois, Larzac, causse noir, causse de Sévérac… et recèlent des richesses importantes que ce soit sur la plan naturel, culturel ou économique.
I) La nature
Comme cela a déjà été dit dans l'introduction, les grands causses sont de gigantesques plateaux calcaires proposant des panoramas somptueux et des paysages variés : plateaux secs et blancs sur le Larzac, rouges dans le pays de Camarès, campagne verte et vallonnée dans sa partie septentrionale autour de Sévérac-le-château, 3 rivières Tarn, Jonte et Dourbie qui ont creusées au fil du temps des gorges impressionnantes…
Sous la surface, le karst (système d'érosion mécanique et chimique provoqué par l'eau) a donné naissance à un réseau complexe formé de grottes, de cavités et de rivières souterraines qui fait le bonheur des spéléologues mais surtout constitue une partie non négligeable des ressources en eau de la région Midi-Pyrénées.
Bref des cadres magnifiques qui attirent chaque année plus nombreux, les touristes amateur de belles natures et de randonnées.
II) La culture
Mais ces touristes profiteront également d'un patrimoine historique non négligeable:
La présence de nombreux menhirs atteste de la présence de l'homme sur les grands causses dès l'époque paléolithique.
Le site archéologique gallo-romain de la Graufesenque près de Millau rappelle que la région fut l'une des plus importantes places industrielles de l'antiquité. En effet, elle approvisionnait l'empire romain en vaisselle sigillée (terre cuite rouge). Des vases furent retrouvées dans les ruines de Pompéi et dans des épaves de bateaux au fond de la mer rouge.
Le moyen-âge a laissé églises romanes, châteaux forts et villages fortifiés…
Le Larzac, lieu de passage stratégique, à cette même époque, a vu naître des places templières et hospitalières (Sainte-Eulalie de Cernon, La couvertoirade)
Depuis maintenant 2 ans, suite au succès du film Microcosmos, Micropolis, la cité des insectes, s'est installée à Saint-Léons, patrie de l'entomologiste Jean-Henri Fabre, et nous propose une découverte passionnante du monde des insectes.
III) L'économie
L'activité agricole numéro 1 est la production de lait de brebis (168 millions de litres par an). Ceci pour satisfaire les besoins d'un fromage mondialement connu : le Roquefort.
Les ganteries de Millau, se sont désormais spécialisées dans la haute couture
Enfin, le tourisme vert se développe de plus en plus. En effet, comment rester insensible aux qualités de cette région : authenticité de la nature, lumière et étendue des paysages, histoires riches et fécondes, gastronomie savoureuse ?
La Légende du Roquefort
L'histoire se déroule en Aveyron dans la belle région des Grands Causses.
Il était une fois… un jeune pâtre gardant son troupeau près d'une grotte du Combalou, rocher qui domine le village de Roquefort-sur-Soulzon. Se préparant à prendre son repas, il aperçut au loin une charmante jeune bergère. Fasciné par sa beauté, il décida de la suivre, laissant à son chien le soin de veiller au troupeau de brebis. Son maigre repas, composé de pain de seigle et de caillé de brebis, resta caché dans une petite grotte, bien au frais.
Quelques jours plus tard, il quitta son amoureuse de bergère et revient garder son troupeau. Pris d'une faim subite, il se précipita dans la petite grotte où il avait enfoui sa maigre pitance. Curieusement, le pain de seigle s'était couvert de moisissure et le caillé de brebis de marbrures vert bleues… Trop affamé pour s'interroger, le berger dévora cet étrange repas. Il trouva le fromage fort bon…
Il fit connaître à d'autres pâtres le fruit de sa découverte. C'est alors que plusieurs d'entre eux aménagèrent des grottes près de celle de notre pâtre. Ils fermèrent les issues par des cabanes en bois. Un nom qui restera puisque les artisans des caves de Roquefort sont toujours appelés " cabaniers "
Ainsi était né le Roquefort : une exquise alchimie s'était produite entre l'air, le pain et l'œuvre du temps " fils de la montagne et du vent ". Depuis des siècles, le berceau du Roquefort est resté au même endroit : Roquefort-sur-Soulzon petit bourg situé en bordure du Causse du Larzac, entre Millau et Saint-Affrique.

Aire d'appellation
Dès le VIIIe siècle, le Roquefort est cité dans de nombreux actes, donations, rentes, etc. concernant le Rouergue.
Charlemagne en avait fait son fromage favori. En 1411, une Charte de Charles VI reconnaît la nécessité vitale de défendre le Roquefort " en un pays ou ne pousse ni pied de vigne, ni grain de blé ", et en 1666, un arrêt du Parlement de Toulouse concède aux habitants de Roquefort " le monopole de l'affinage du fromage tel qu'il est pratiqué de temps immémorial dans les grottes dudit village ". Malgré la Révolution, les privilèges accordés à Roquefort sont maintenus par la Convention qui décide que " ne sera Roquefort que ce qui sortira des caves de Roquefort ".
C'est au sein d'un immense éboulis rocheux en bordure des Grands Causses, sous le plateau du Combalou, que les caves de Roquefort ont été aménagées. L'air humide, provenant des entrailles de la montagne, y pénètre par de longues failles appelées " fleurines ".
Là s'accomplit un miracle de la nature qui donne au Roquefort sa saveur incomparable.
Si l'affinage se fait uniquement à Roquefort, le lait nécessaire à la production du fromage est collecté dans une zone s'étendant sur le département de l'Aveyron et les départements limitrophes du Tarn, de la Lozère, mais aussi le Gard, l'Hérault et l'Aude. Cette Zone est appelé le "rayon de Roquefort".
La Confédération
Les hommes de Roquefort ont travaillé avec persévérance à perfectionner la qualité de leur fromage, développer sa notoriété, promouvoir sa production et défendre son appellation.
En 1930, ces efforts ont abouti à la création d'une interprofession destinée à institutionnaliser ces principes et à régir, dans une convention collective encore en vigueur aujourd'hui, les structures propres à assurer leur application.
Cette association originale, au sein de laquelle coopèrent producteurs de laits de brebis et fabricants de fromage, est restée un exemple de système interprofessionnel qui a réussi à organiser un marché.
L'un des premier résultats a consisté à intéresser directement le producteur de lait au prix du produit fini. C'était assurer la prospérité solidaire des agriculteurs et des industriels et marquer indissolublement l'interdépendance de leurs activités.
L'appellation d'origine Roquefort est reconnue et protégée dans de nombreux pays étrangers par des textes législatifs et des traités de commerce. Ainsi (en 1930), la Confédération Générale des Producteurs de Laits de Brebis et des Industriels de Roquefort a crée une marque collective, "le label de la Brebis Rouge ", pour signifier aux consommateurs que tous les contrôles d'origine et de qualité, et plus spécialement les conditions prévues pour l'emploi de l'appellation d'origine "Roquefort " ont été rigoureusement observées.
La Confédération a pour objectif générale l'étude et la défense des intérêts économiques communs aux Eleveurs de brebis et aux Fabricants de Roquefort, et notamment :
1°)- De régulariser les rapports et de resserrer les liens de collaboration entre Producteurs et Industriels ;
2°)- D'organiser et de promouvoir un service commun de la répression des fraudes, sous un budget unique ;
3°)- De rechercher et de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la protection de l'appellation "Roquefort " ;
4°)- De régulariser et d'assainir le marché d'achat du lait et plus particulièrement de fixer les règles devant servir de base à la détermination du prix du lait ;

L'Art du Fromager

Le Roquefort, fabriqué exclusivement à partir de lait de brebis, cru et entier, est un fromage à pâte persillée, en forme de cylindre d'une dizaine de centimètres d'épaisseur et dont le poids varie entre 2,5 et 2,9 kg. Il contient au moins 52% de matière grasse et se présente dans un emballage de papier d'aluminium portant l'appellation " Roquefort ", accompagnée du sigle " AOC " et de la marque confédérale de la " Brebis Rouge ".
Le Roquefort respecte des méthodes immuables. Chaque jour, pendant deux cents jours, de décembre à fin juin, les brebis sont traites matin et soir. Dans son arrivée en fromagerie, le lait peut être chauffé à 32° C environ. Il est ensemencé de pores de penicillium roqueforti avant l'ajout de la présure. Après deux heures, aidé d'un outil de découpe en forme de lyre, le fromager rompt la masse du caillé afin d'obtenir des petits cubes équilibrés. Il s'en suit le brassage, le pré-égouttage sans pressage, qui précède la mise en moule. Le caillé devient alors un pain de roquefort. Pendant plusieurs jours au repos dans une salle d'égouttage à 18° C, les pains sont plusieurs fois retournés, marqués en creux et envoyés au saloir. A cet instant, toujours dans les moules, intervient pendant 5 jours, le salage à sec, entrecoupé de différents retournements. Les petites fourmes sont alors prêtes pour le départ vers les fleurines de Roquefort. Le piquage, destiné à aérer la pâte, est réalisé en cave ou en laiterie.

Il est important de noter que les poudres et cultures de penicillium roqueforti utilisées doivent être réparées en France à partir de souches traditionnelles existant dans le micro-climat des caves naturelles de la zone délimitée de Roquefort.

L'Art de l'Affineur
L'affinage dure au moins 3 mois. La température des caves de Roquefort est constante, entre 7-8° C. Elles sont enserrées entre des parois rocheuses, recouvertes d'une flore microscopique de Penicillium Roqueforti, essentielle pour l'affinage du fromage. Les fromages sont exposés à nu, pendant au moins 2 semaines de la période d'affinage. Une maturation lente sous emballage protecteur se poursuit dans des caves à température dirigée.
Il faut lui éviter les variations trop brusques de température. Le morceau destiné au plateau de fromages sera chambré, comme un grand vin, une heure au moins avant le repas.
Le Roquefort entre aussi dans des préparations culinaires : canapés, salades, soufflés, feuilletés, etc... Il s'accompagne habituellement de vin rouge fort en caractère tel que le Marcillac, ou bien de vins liquoreux, Sauternes, Jurançon ou de vins doux naturels, Maury, Rivesaltes ou Porto.

Roquefort
Il y a, à la fois du mystère et du miracle. Difficile d'imaginer un site perdu, au paysage et au climat peu encourageant, inaccessible et loin des grandes villes. A Roquefort, deux mythes ont vu le jour : le fromage et la magie du fromage. Comment imaginer qu'un tel bonheur pouvait naître d'un énorme éboulis rocailleux. Qui aurait pu penser qu'il a fallu qu'une montagne s'écroule pour que la vie jaillisse?